Situation du monde agricole
Laurent SomonLes Républicains
Sénateur — Somme
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 02/03/2023Vous citez l'entreprise Cristal Union et l'usine de betteraves, capable de recycler l'eau en totalité. Figurez-vous que je me suis rendu sur place pour constater, avec les responsables de ladite usine, qu'ils avaient mis, dans le bon sens du terme, la charrue avant les bœufs, en réduisant fortement leur consommation énergétique et en réduisant considérablement leur consommation d'eau. C'est donc possible !
En tant que représentants de l'État, nous devons être capables, d'abord, de colliger ces bonnes pratiques, de les enregistrer, de les reconnaître et de les soutenir, mais aussi de les faire essaimer dans l'ensemble des entreprises du secteur agricole et sur l'ensemble du territoire national.
Voilà ce que nous appelons restaurer la compétitivité de la ferme France. Il faut aussi partir de ce qui fonctionne sur le terrain et de l'exemple que nous montrent celles et ceux qui aiment profondément la terre, qui aiment la cultiver et nourrir les Français. Telle est véritablement notre ambition.
Un rapport du Sénat a montré que, depuis 1990, la compétitivité de la ferme France s'était progressivement effritée. C'est la raison pour laquelle nous tenons fermement à identifier des solutions.
Depuis 2017, des choses ont été faites. Nous avons mis par exemple le revenu agricole au cœur de notre politique, au travers notamment de la loi dite Égalim 2 (loi visant à protéger la rémunération des agriculteurs). Vous l'avez votée, mesdames, messieurs les sénateurs, et je vous en remercie !
Cette loi vise à ce que le juste prix ne soit plus seulement le prix bas, mais tout simplement celui qui permet à nos agriculteurs de vivre. Il s'agit d'une véritable rupture avec la loi de modernisation de l'économie de 2008, dite LME.
Vous aurez par ailleurs prochainement l'occasion d'assurer la prolongation du SRP+10, qui est un des leviers du dispositif Égalim.
Nous avons également engagé des transitions ambitieuses dans le cadre, par exemple, du Varenne de l'eau. Il est important de regrouper les parties prenantes et de discuter ensemble pour identifier les bonnes solutions. Je pense encore à la réforme de l'assurance récolte ou au travail mené sur la réutilisation des eaux usées.
Les agriculteurs, qui sont bien souvent les premières victimes, le savent parfaitement : l'adaptation au changement climatique et la souveraineté alimentaire sont un seul et même combat.
Voilà ce que nous appelons la logique de planification écologique, qui rejoint la logique de planification agricole. Ce projet est porté à bras-le-corps par le ministre en charge de l'agriculture et, évidemment, par la Première ministre. (M. François Patriat applaudit.)
M. le président. La parole est à M. Laurent Somon, pour la réplique.
M. Laurent Somon. Monsieur le ministre, en vingt ans, la France a vu son industrie décliner. Nous importons désormais voitures, médicaments, jusqu'à notre électricité.
Demain, si vous ne remettez pas en cause vos choix, nous perdrons nos agriculteurs, les vocations et notre souveraineté alimentaire.
Nous avons laissé notre industrie décliner, n'en faisons pas de même avec notre agriculture !
Redonnez confiance à nos agriculteurs, que nous n'ayons pas à répéter au président ce que Fénelon écrivait en 1694 à Louis XIV : « La France entière n'est plus qu'un grand hôpital désolé et sans provision. » (Applaudissements sur les travées du groupe Les Républicains. – M. Yves Détraigne applaudit également.)
Source : senat.fr ↗
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