Eau
Guillaume ChevrollierLes Républicains
Sénateur — Mayenne
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 09/03/2023M. Christophe Béchu, ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires. Monsieur le sénateur Guillaume Chevrollier, plus de 700 communes ont été privées d'eau potable l'été dernier et 1 260 cours d'eau ont été en rupture d'écoulement, compte tenu de l'épisode de sécheresse que nous avons connu.
À la fin de l'été, alors que le niveau des nappes était particulièrement bas, la période de recharge, jusqu'à ce début de semaine, n'a pas permis de recharger les nappes. Pire, à la suite d'un mois de février très sec, la situation s'est aggravée. Ainsi, les chiffres que vous donnez concernant les deux mois de retard, en moyenne, des nappes phréatiques sont une réalité.
Depuis vingt-quatre heures, nous avons des épisodes de pluies abondantes, lesquelles, malheureusement, ne concerneront ni le pourtour méditerranéen ni le couloir rhodanien. Certes, on peut penser et espérer que, sur une large partie nord du pays, nous aurons des pluies permettant un niveau de recharge.
Quand on parle de deux mois de retard, il s'agit non pas de deux mois de retard par rapport à la moyenne, mais de deux mois de retard par rapport à la situation d'avant l'été 2022. Une telle situation explique la préoccupation qui est la nôtre.
Ce que nous disent les experts, c'est qu'on pourrait avoir entre 10 % et 40 % de volume de pluie en moins, avec, parfois, des épisodes pluvieux trop intenses pour permettre une recharge des nappes dans de bonnes conditions. Il convient donc de lutter contre l'artificialisation et d'œuvrer en faveur de la perméabilité des sols. Sinon, la situation s'aggravera.
À très court terme, un comité d'anticipation et de suivi hydrologique s'est réuni dès le 23 février. Les préfets de bassin ont été réunis le 27 février, et tous les préfets, lundi dernier. Partout, il convient de prendre dès maintenant, si la situation le justifie, des mesures habituellement prises plus tard.
La suite interviendra dans quelques jours. Le plan « eau » comprend plus de cinquante mesures. Nous nous sommes inspirés des travaux du Sénat. Comme tout était écrit, je n'ai pas conduit des auditions avec mes collègues pour entendre les uns et les autres. Mais nous avons lu avec beaucoup d'attention les rapports sur les mesures préconisées. Vous retrouverez ainsi une partie de vos préconisations dans ce qui sera présenté, qui traitera de quantité, de qualité et de gouvernance.
L'enjeu, il est devant nous. Il nécessite une union sacrée, car, vous l'avez dit, l'eau c'est la vie. Elle est nécessaire pour l'agriculture, pour l'industrie et, bien sûr, pour nos concitoyens. (Applaudissements sur les travées du groupe RDPI.)
M. Emmanuel Capus. Excellent !
M. le président. La parole est à M. Guillaume Chevrollier, pour la réplique.
M. Guillaume Chevrollier. Je vous remercie, monsieur le ministre, de vous inspirer des travaux du Sénat. Effectivement, dans cette crise de l'eau, le soutien financier aux collectivités locales est indispensable. Elles ont la connaissance et la maîtrise du terrain et sauront trouver les solutions les plus adaptées pour une eau, comme vous l'avez dit, « en quantité et en qualité ».
Dans le cadre d'éventuelles mesures de restriction, le Gouvernement doit informer de façon transparente, et même limpide, si j'ose dire, afin de permettre l'acceptabilité des contraintes. (Applaudissements sur les travées du groupe Les Républicains.)
Source : senat.fr ↗
Autres questions de Guillaume Chevrollier
Difficultés rencontrées par les familles confrontées à la conduite automobile de personnes dont l'état de santé semble manifestement incompatible avec la sécurité routière
Place de la langue française dans les relations internationales
impact du numérique sur la langue française
Mouches géomyzes