Doctrine de maintien de l'ordre
Thomas DossusGEST
Sénateur — Rhône
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 30/03/2023M. Gérald Darmanin, ministre de l'intérieur et des outre-mer. Monsieur le sénateur Dossus, je ne suis pas sûr d'avoir bien compris la question. (M. Bruno Sido s'esclaffe.)
Certes, il y avait un peu de bruit, mais il me semble que vous tentiez de faire un distinguo entre la gauche et le gauchisme…
Quoi qu'il en soit, je regrette que des parlementaires revendiquent d'aller dans une manifestation illégale. (Vifs applaudissements prolongés sur les travées des groupes Les Républicains, UC, RDSE, RDPI et INDEP.) Ce faisant, ils ne respectent pas eux-mêmes la loi de la République.
Je regrette que des parlementaires puissent être aux côtés de ceux qui jettent des cocktails Molotov sur des gendarmes. (Mêmes mouvements.)
M. Daniel Breuiller. C'est faux !
M. Gérald Darmanin, ministre. Je regrette que ces parlementaires n'aient pu constater, comme j'en ai eu l'occasion moi-même, les attaques dont ont été victimes les gendarmes, dont certains ont reçu de l'acide sur les pieds.
Je regrette, monsieur le sénateur, que vous n'ayez pas entendu les deux conférences de presse organisées par Mme la préfète avant la manifestation, qui était interdite depuis le 17 mars, ni même celle du procureur de la République.
Manifestement, vous vous êtes assis sur tout cela : sur les violences contre nos gendarmes, sur l'interdiction de manifester, sur les conférences de presse de la préfète de la République et du procureur de la République.
M. Bruno Sido. On est d'accord !
M. Gérald Darmanin, ministre. Je regrette par ailleurs que vous relayiez ici, de nouveau, des fake news.
Non, monsieur le sénateur, les secours n'ont pas été empêchés par les forces de l'ordre. (Protestations sur les travées du groupe GEST.) C'est le Samu des Deux-Sèvres qui le dit lui-même. Écoutez-le. Je sais que cela vous ferait plaisir de penser que les gendarmes souhaitent la mort des gens, mais tel n'est pas le cas. C'est le médecin du GIGN, monsieur le sénateur, qui a fendu la foule, alors qu'il était harcelé par ceux qui étaient, manifestement, vos camarades d'un jour… (M. Thomas Dossus fait un signe de dénégation.)
Vous pouvez hocher la tête, mais c'est tout à fait scandaleux ! Les gendarmes ont même dû faire demi-tour sous une pluie de pavés et de cocktails Molotov, alors qu'ils allaient secourir un manifestant. Voilà la vérité, monsieur le sénateur. (Vifs applaudissements sur les travées des groupes Les Républicains, UC, RDSE, INDEP et RDPI.)
Moi aussi, je veux avoir une pensée pour toutes les personnes blessées, particulièrement pour celles qui luttent pour la vie. L'enquête judiciaire fera apparaître la vérité, et je suis prêt, avec toute mon administration, à coopérer entièrement avec elle. J'ai dit au président de la commission des lois du Sénat, comme à celui de l'Assemblée nationale, que j'étais à sa disposition pour répondre à vos questions.
M. le président. Il faut conclure !
M. Gérald Darmanin, ministre. En revanche, il y a une chose que je ne ferai jamais : cracher, comme vous, sur la tête des agents des forces de l'ordre. (Applaudissements sur les travées des groupes Les Républicains, UC, RDSE, INDEP et RDPI.)
M. le président. La parole est à M. Thomas Dossus, pour la réplique.
M. Thomas Dossus. J'assume évidemment ma présence à Sainte-Soline, comme ma mission de contrôle du Gouvernement. (Protestations sur les travées du groupe Les Républicains. – M. Jean-Baptiste Lemoyne fait un geste d'agacement.)
Vous ne pourrez pas organiser une manifestation à huis clos. Vous ne pourrez pas éborgner à huis clos ! (Huées sur les travées des groupes Les Républicains et UC, où des sénateurs frappent leur pupitre.)
M. Jacques Grosperrin. C'est honteux !
M. Thomas Dossus. Vous êtes le ministre d'un pays dont le président ne peut plus sortir de son palais. Vous êtes le ministre d'un gouvernement qui ne peut plus présenter un seul texte devant le Parlement… (Les huées redoublent et couvrent la voix de l'orateur.)
M. le président. Il faut conclure !
M. Thomas Dossus. Vous êtes le ministre d'un pays bloqué, fracturé par votre autoritarisme…
M. le président. C'est terminé ! (M. le président coupe le micro de l'orateur.)
Source : senat.fr ↗
Autres questions de Thomas Dossus
Urgence pour la ligne de train Lyon - Paray-le-Monial
Conséquences de la quasi-disparition de la dotation de compensation de la réforme de la taxe professionnelle pour les communes
Dépendance de l'État et de l'écosystème stratégique aux solutions proposées par la société Palantir
Délivrances abusives d'interdictions de circuler sur le territoire français à la frontière franco-italienne au poste de Montgenèvre