Transfert des compétences « eau » et « assainissement » aux communautés de communes
Bruno SidoLes Républicains
Sénateur — Haute-Marne
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 14/04/2023M. Bruno Sido. Madame la ministre, le transfert obligatoire des compétences eau et assainissement des communes ou communautés de communes a été acté par la loi du 7 août 2015 portant nouvelle organisation territoriale de la République, dite NOTRe. Le Sénat s'est opposé à cette réforme, car il était conscient des difficultés qui allaient se poser pour les communes rurales. Il a tenté d'obtenir le rétablissement du caractère facultatif de ce transfert à de nombreuses reprises, à l'occasion de l'examen de cinq textes différents pas moins !
La proposition de loi déposée par M. Retailleau en janvier 2017 a été votée en février 2017, mais les députés ont renvoyé ce texte en commission.
La commission mixte paritaire sur la loi du 27 décembre 2019 relative à l'engagement dans la vie locale et à la proximité de l'action publique, dite Engagement et proximité, n'a pas été conclusive sur ce point.
La loi du 21 février 2022 relative à la différenciation, la décentralisation, la déconcentration et portant diverses mesures de simplification de l'action publique locale, dite 3DS, n'a pas permis d'avancer sur cette question.
Ensuite, des assouplissements ont été obtenus avec le report au 1er janvier 2026 du transfert des compétences et le maintien des syndicats infracommunautaires après cette date.
Enfin, le 16 mars dernier, le Sénat a voté de nouveau à une large majorité une proposition de loi rendant facultatif ce transfert.
Madame la ministre, ce modeste texte sera-t-il mis à l'ordre du jour de l'Assemblée nationale, et quand ?
M. le président. La parole est à Mme la ministre déléguée.
Mme Dominique Faure, ministre déléguée auprès du ministre de l'intérieur et des outre-mer et du ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires, chargée des collectivités territoriales et de la ruralité. Monsieur le sénateur Sido, je veux rappeler que la loi Engagement et proximité a offert de nombreuses souplesses aux élus en leur permettant de maintenir des modalités existantes d'exercice des compétences eau, assainissement des eaux usées et gestion des eaux pluviales urbaines.
L'article L. 5214-16 du code général des collectivités territoriales a ainsi institué un mécanisme de délégation de ces compétences, qui peut être faite « au profit d'un syndicat mentionné à l'article L. 5212-1, existant au 1er janvier 2019 et inclus en totalité dans le périmètre de la communauté de communes ».
Il est important de rappeler ces assouplissements, même si je suis très au fait de ce qui s'est passé au Sénat il n'y a pas si longtemps puisque j'étais au banc des ministres !
Pour les territoires ayant utilisé ces possibilités, le mécanisme est perçu comme un moyen de maintenir des structures historiques dotées de moyens techniques et humains adaptés ou comme un moyen d'assurer la continuité du service, le temps que l'établissement public de coopération intercommunale (EPCI) soit en mesure de reprendre la compétence.
Lors de la présentation du plan Eau par le Président de la République et par Christophe Béchu, ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires, il a été rappelé le besoin essentiel de mutualisation pour la protection de nos ressources en eau. Cette mutualisation sera prochainement étudiée par une mission parlementaire au Sénat.
Le Président de la République ne veut pas revenir sur l'obligation de transfert, contrairement à ce que prévoit la proposition de loi votée au Sénat, mais il souhaite l'intégration d'une logique de différenciation. Le dialogue qui s'engage avec le Sénat est pour moi essentiel dans cette trajectoire vitale de préservation de la ressource en eau et pour son acceptation par l'ensemble des élus locaux.
M. le président. La parole est à M. Bruno Sido, pour la réplique.
M. Bruno Sido. Madame la ministre, je vous remercie de votre réponse. Certes, il y a eu des assouplissements, mais vous savez comme moi que cela ne suffit pas du tout. Le prix unique de l'eau dans les communautés de communes subsiste. Des communes verront leurs prix augmenter alors que rien n'aura changé.
Permettez-moi de vous faire une proposition. Nous savons que nous manquerons d'eau, parce que le changement du climat posera des difficultés. Par conséquent, il faut trouver des solutions. Il existe dans certains départements des syndicats départementaux chargés de la production et du transport de l'eau. Pourquoi ne pas élaborer un projet de loi pour que les départements dépourvus d'un tel syndicat soient contraints d'en créer un, à charge pour les communes de distribuer l'eau ? Le problème serait ainsi réglé.
Source : senat.fr ↗
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