Situation à Mayotte
Jérémy BacchiCRCE-K
Sénateur — Bouches-du-Rhône
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 04/05/2023M. Gérald Darmanin, ministre de l'intérieur et des outre-mer. Monsieur le sénateur, permettez-moi de vous dire que tout est scandaleux dans les propos que vous venez de tenir. (Exclamations sur les travées du groupe CRCE.) Vous venez de vous asseoir sur la Constitution de la République !
Je vous rappelle que c'est le Parlement, sur l'initiative du président Chirac, qui a inscrit Mayotte dans la Constitution.
M. Philippe Bas. C'est vrai !
M. Gérald Darmanin, ministre. Vous venez de dire que Mayotte n'était pas française, mais qu'elle était comorienne,...
Mme Éliane Assassi. Ce n'est pas ce qu'il a dit !
M. Gérald Darmanin, ministre. ... c'est-à-dire, que pour un représentant du peuple français dans une enceinte où siègent des représentants de Mayotte, vous partez du principe que la France n'est pas chez elle à Mayotte (M. Jérémy Bacchi fait un signe de dénégation.),...
Mme Laurence Cohen. Oh !
M. Gérald Darmanin, ministre. ... alors que les Mahorais, dans les années 1970, par le biais de deux référendums, monsieur le sénateur, et alors même que votre parti participait à d'autres gouvernements des années après, ont choisi librement de rester Français. (Applaudissements sur les travées du groupe RDPI, ainsi que sur des travées des groupes UC et Les Républicains.)
Vous venez de dire que la France se comportait en « chef de bande », quand nous interpellons, au péril de la vie des policiers et des gendarmes, tous les jours et toutes les nuits, des bandes criminelles ! C'est d'ailleurs le premier objectif de l'opération Wuambushu que nous avons lancée à la demande de tous les élus mahorais et même du responsable La France insoumise (LFI) de Mayotte. Ce dernier point mérite tout de même d'être souligné et je peux vous envoyer son communiqué de presse, que vous n'avez manifestement pas eu l'occasion de lire dans votre question d'actualité.
Oui, monsieur le sénateur, ce que le Gouvernement fait ici à Mayotte, c'est ce qu'il aurait dû faire depuis très longtemps : interpeller les bandes, casser la spirale incroyable des bangas, ces habitats illégaux où vivent des enfants, des vieillards, des personnes handicapées, qui n'ont ni eau, ni électricité, ni gaz.
Oui, monsieur le sénateur, l'immigration irrégulière est inacceptable, à Mayotte comme dans tous nos départements, c'est-à-dire dans toute la France. (Applaudissements sur les travées du groupe RDPI, ainsi que sur des travées des groupes INDEP, UC et Les Républicains.)
M. le président. La parole est à M. Jérémy Bacchi, pour la réplique.
M. Jérémy Bacchi. Monsieur le ministre, je ne dis pas que la France ne doit pas agir. Je dis que les conditions dans lesquelles elle le fait aujourd'hui aggravent la situation. Le visa Balladur en est un parfait exemple : il ne fait qu'aggraver le fossé qui existe entre les différentes îles comoriennes. Il est grand temps de l'abroger ! (Applaudissements sur les travées du groupe CRCE. MM. Daniel Salmon et Serge Mérillou, ainsi que Mme Esther Benbassa, applaudissent également.)
Source : senat.fr ↗
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