Radicalisation dans le sport
Posée le 26/10/2023 • Ministère interrogé : Sports, jeux Olympiques et Paralympiques
Michel Bonnus Les Républicains
Sénateur — Var
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 26/10/2023
Mme Amélie Oudéa-Castéra, ministre des sports et des jeux Olympiques et Paralympiques. Monsieur le sénateur Bonnus, le sujet du séparatisme dans le sport exige de la fermeté, de la lucidité, de la vigilance.
M. François Bonhomme. Et de la clarté !
Mme Amélie Oudéa-Castéra, ministre. C'est en ce sens que j'ai fait diligenter au cours de cette année près de 3 500 contrôles de clubs sportifs, parmi lesquels 27, soit 0,8 %, ont donné lieu au repérage de signaux faibles de séparatisme.
C'est toujours 0,8 % de trop, et il faut en effet prévenir les risques là où ils se trouvent. D'où le plan d'action que j'ai mis en oeuvre de manière résolue : 117 référents pour la prévention de la radicalisation déployés dans les services déconcentrés du ministère des sports, des référents citoyenneté mobilisés dans les fédérations, 6 000 contrôles programmés dans les clubs sportifs et un processus de conventionnement lancé entre onze fédérations et le comité interministériel de prévention de la délinquance et de la radicalisation.
Le tout s'assortit de moyens supplémentaires consacrés à ces sujets : 20 effectifs de plus en 2023, et 36 en 2024.
Pour ce qui est du port du voile, j'ai salué la décision du Conseil d'État de valider l'article des statuts de la Fédération française de football indiquant que le port du voile pouvait être interdit en compétition pendant le temps et sur les lieux des matchs. J'ai conforté ce régime dans les statuts de la Fédération française de basket-ball, et j'ai fait connaître à chacune des fédérations que dans l'exercice autonome de leur pouvoir réglementaire elles avaient la faculté d'ajuster leurs statuts pour coller à ces dispositions.
M. François Bonhomme. Et le courage, et l'audace ?
Mme Amélie Oudéa-Castéra, ministre. Nous les accompagnons en ce sens en leur donnant toutes les clés, y compris juridiques, sur ces sujets.
Je le redis très fermement, ma main ne tremblera jamais pour faire utiliser les moyens que le Gouvernement a fait inscrire dans la loi en matière de contrôle du respect du contrat d'engagement républicain : retirer des subventions, suspendre des agréments ou, si nécessaire, fermer des établissements.
Le sport est un bien précieux ; il doit être préservé des tentations que vous avez décrites, monsieur le sénateur, mais également des propos inutilement polémiques ou inutilement anxiogènes. Voici nos maîtres-mots : lucidité, vigilance et la plus grande des fermetés. (Applaudissements sur les travées du groupe RDPI, ainsi que sur des travées du groupe RDSE.)
M. François Bonhomme. Et clarté !
M. le président. La parole est à M. Michel Bonnus, pour la réplique.
M. Michel Bonnus. Rendre les fédérations autonomes sur ce sujet, c'est très dangereux ! Elles ont besoin de vous ; elles ont besoin d'être aidées. J'ai été perturbé, madame la ministre, de vous entendre dire qu'il fallait leur donner les clés et les laisser décider : on ne peut agir ainsi sans danger. (Vifs applaudissements sur les travées du groupe Les Républicains. - MM. Franck Dhersin et Olivier Cigolotti applaudissent également.)
M. Philippe Bas. Très bien !
Source : senat.fr ↗
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