Situation de la pêche
Posée le 26/10/2023 • Ministère interrogé : Mer
Béatrice Gosselin Les Républicains
Sénatrice — Manche
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 26/10/2023
M. Hervé Berville, secrétaire d'État auprès de la Première ministre, chargé de la mer. Madame la sénatrice Gosselin, la France n'a pas laissé filer 504 millions d'euros ! Il n'existe pas non plus de cagnotte magique ou cachée...
En réalité, la réserve d'ajustement au Brexit a été bien utilisée et a servi à financer les actions auxquelles elle était destinée. Il s'agissait notamment de faire face aux conséquences directes du Brexit, qu'elles soient sociales, environnementales ou économiques.
Pour ce qui concerne le secrétariat d'État chargé de la mer et les enjeux de pêche, plus de 100 millions d'euros ont été utilisés. La Cour des comptes l'a elle-même reconnu : c'est l'un des ministères qui a le mieux utilisé cette réserve. (M. Rachid Temal ironise.) Je pense, en particulier, au plan d'accompagnement individuel des navires qui ne peuvent pas accéder aux eaux britanniques, ou à l'accompagnement de l'aval de la filière, notamment les mareyeurs.
Nous avons également utilisé d'autres canaux disponibles pour accompagner nos pêcheurs face à l'urgence. Vous le voyez, le fait de ne pas bénéficier de transferts de la réserve d'ajustement au Brexit ne nous a pas empêchés d'agir pour soutenir la filière.
Nous l'avons fait en consacrant plus de 75 millions d'euros pour l'aide aux carburants, avec un renouvellement multiplié par dix. (M. Rachid Temal ironise de nouveau.) Vous avez affirmé à tort que le plafond des aides était fixé à 30 000 euros : non, grâce à l'action de la France, nous avons fait passer ce seuil de 30 000 à 330 000 euros.
Au-delà de la question urgente de l'aide aux carburants, il importe également de réduire notre dépendance aux énergies fossiles. C'est la raison pour laquelle j'ai annoncé en septembre dernier un plan de transition énergétique de la flotte à hauteur de 450 millions d'euros issus de la taxe sur les éoliennes en mer, afin de réduire cette dépendance aux énergies fossiles et de tenir les deux bouts de la chaîne : la souveraineté énergétique et la souveraineté alimentaire.
Vous le voyez, madame la sénatrice, le Gouvernement est pleinement mobilisé pour faire face aux urgences et pour donner les moyens aux pêcheurs, partout sur le territoire, de continuer à sortir en mer, avec des navires consommant beaucoup moins de carburant. (Applaudissements sur les travées du groupe RDPI.)
M. le président. La parole est à Mme Béatrice Gosselin, pour la réplique.
Mme Béatrice Gosselin. Monsieur le secrétaire d'État, vous savez comme moi qu'en 2026 il y aura une clause de revoyure des accords du Brexit pour les contrats de pêche. Ce sera donc un gros problème pour la filière si les pêcheurs ne reçoivent pas d'aides ! (Applaudissements sur les travées du groupe Les Républicains.)
Source : senat.fr ↗
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