Contamination de l'eau potable en Charente par le chlorothalonil-R471811
Posée le 07/12/2023 • Ministère interrogé : Santé et prévention
Nicole Bonnefoy SER
Sénatrice — Charente
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 07/02/2024
Mme Nicole Bonnefoy. Madame la ministre, dans un rapport du 6 avril 2023, l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses) a révélé une vaste contamination de l'eau par des résidus de pesticides ; le chlorothalonil-R471811 est notamment présent dans plus d'un prélèvement sur deux.
Ce métabolite est directement issu de la dégradation d'un fongicide qui, bien qu'il soit interdit en France depuis 2019, demeure présent dans les sols et dans l'eau. Au-dessus du seuil sanitaire de 3 microgrammes par litre défini par le Haut Conseil de la santé publique, l'eau ne peut plus être bue.
Cette valeur fait référence jusqu'à ce que l'Anses ait terminé sa réévaluation de la pertinence de cette molécule et statué, si nécessaire, sur une valeur sanitaire maximale. Où en est-on, madame la ministre ?
Dans mon département de la Charente, selon l'agence régionale de santé (ARS) de Nouvelle-Aquitaine, le métabolite précité a été détecté dans 49 captages sur les 56 qui ont été testés à ce jour. Dès qu'on le cherche, on le trouve !
Ce métabolite est classé cancérogène probable. Aussi, madame la ministre, entendez-vous prendre des mesures d'urgence sanitaire, mais aussi soutenir les collectivités confrontées à la nécessaire dépollution de l'eau ?
En effet, il y a un réel risque de fracture territoriale de la qualité de l'eau, les territoires se trouvant plus ou moins bien dotés pour faire face à ces pollutions. Comment comptez-vous répondre à cette potentielle crise de l'eau ?
M. le président. La parole est à Mme la ministre déléguée.
Mme Aurore Bergé, ministre déléguée auprès du Premier ministre, chargée de l'égalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les discriminations. Madame la sénatrice, vous avez évidemment raison d'évoquer ces enjeux de santé publique ; c'est bien pour les prendre en considération que l'ARS a agi, dans l'ensemble de la région de Nouvelle-Aquitaine et, en particulier, dans votre département de la Charente, de manière que des contrôles puissent être réalisés.
Ils l'ont été, et 89 captages ont été analysés : aucun ne présente de trace de la molécule mère du chlorothalonil ni une concentration de ses métabolites supérieure à 3 microgrammes par litre, soit la valeur sanitaire qui nécessiterait une intervention urgente, en particulier une restriction de la consommation. J'insiste sur ce point : les évaluations sont claires, et aucune restriction n'apparaît nécessaire au vu des résultats.
M. Daniel Salmon. Tout va bien...
M. le président. La parole est à Mme Nicole Bonnefoy, pour la réplique.
Mme Nicole Bonnefoy. Madame la ministre, alors que l'ensemble des filières agricoles, à la faveur de la crise, demandent une levée massive des interdictions de pesticides, la question de l'eau doit ramener le Gouvernement à la raison et l'inciter à privilégier la santé humaine.
Par ailleurs, madame la ministre, il est impossible de laisser les collectivités seules face à ce problème environnemental et de santé publique !
Source : senat.fr ↗
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