Filière de la pêche
Posée le 25/01/2024 • Ministère interrogé : Agriculture et souveraineté alimentaire
Pierre Médevielle Les Indépendants
Sénateur — Haute-Garonne
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 25/01/2024
M. Christophe Béchu, ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires. Monsieur le sénateur Pierre Médevielle, vous évoquez la situation des agriculteurs et celle des pêcheurs ; la seconde partie de votre question justifie que je vous réponde, compte tenu des responsabilités que j'ai été amené à assumer ces derniers jours et du fait que je suis l'interlocuteur de ces professionnels.
Je n'insisterai pas sur le sujet de l'agriculture ; Marc Fesneau a répondu sur ce sujet.
Vous avez évoqué l'attente d'une mesure. Nous attendons de recevoir, au cours de cet après-midi, les revendications précises des agriculteurs. Le sujet du GNR n'est pas le seul ; il y en a manifestement d'autres.
L'examen que nous devrons faire de ces revendications sera minutieux et ne portera pas seulement sur les mesures à prendre. Il s'agira aussi d'éviter de manquer de considération à l'égard de nos interlocuteurs, ce qui procéderait des mots que nous emploierions, ou de manifester une forme d'hypocrisie écologique consistant à continuer à appliquer des normes à ceux qui produisent ici, et non pas aux producteurs étrangers qui veulent faire venir leurs produits dans notre pays.
M. Emmanuel Capus. Très bien !
M. Christophe Béchu, ministre. Nous devons être capables de suivre la même logique pour ce qui concerne la pêche.
Pourtant, le point de départ de la colère, en l'occurrence, est très différent : il s'agit, vous l'avez dit, d'une décision du Conseil d'État datant du mois de décembre dernier et rendue à partir d'une réalité qui n'est pas contestable, à savoir le nombre des dauphins, appartenant donc à une espèce menacée, qui se sont échoués sur les plages. Selon les spécialistes, avec 1 482 dauphins échoués lors de la seule période hivernale, c'est la survie de l'espèce des dauphins communs et des marsouins communs qui est en jeu. (M. Pierre Médevielle le conteste.)
Dès lors, une position de compromis, visant à mettre en place un dispositif de conciliation et prévoyant des dérogations, avait été prise. Le Conseil d'État a annulé ces dérogations, dans un délai trop bref pour que nous puissions faire autre chose que d'appliquer strictement cette mesure.
J'ai rencontré le « patron » des pêcheurs il y a quelques jours et je dialogue de façon constante avec ces professionnels. Nous envisageons une batterie de mesures.
Tout d'abord, nous garantissons en urgence des indemnisations, pour que personne ne reste sur le carreau. Ensuite, nous prenons des mesures d'équité, pour éviter que des navires non français ne viennent pêcher dans nos eaux. Enfin, nous mettons en place des mesures de contrôle.
J'aurai l'occasion de revenir sur ce sujet en répondant à une prochaine question d'actualité. (Applaudissements sur des travées du groupe RDPI.)
M. le président. La parole est à M. Pierre Médevielle, pour la réplique.
M. Pierre Médevielle. Je vous remercie, monsieur le ministre, de votre réponse.
De grâce, ne laissons pas la situation s'envenimer : le temps des réponses concrètes est arrivé ! (Applaudissements sur les travées du groupe INDEP.)
Source : senat.fr ↗
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