Transport des céréales sur la Seine pendant les jeux Olympiques
Posée le 25/01/2024 • Ministère interrogé : Premier ministre
Pierre Cuypers Les Républicains
Sénateur — Seine-et-Marne
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 25/01/2024
Mme Amélie Oudéa-Castéra, ministre de l'éducation nationale, de la jeunesse, des sports et des jeux Olympiques et Paralympiques. Monsieur le sénateur Cuypers, le déroulement de la cérémonie d'ouverture des jeux Olympiques sur la Seine, le 26 juillet prochain, sera une première, car aucune autre n'a été organisée hors d'un stade ni sur un fleuve. Son organisation impose de prendre des mesures pour tenir compte de ce cadre très singulier.
La fermeture à la navigation de la Seine est nécessaire, avant la cérémonie, pour effectuer le déminage des ponts, des quais et des bateaux, ainsi que pour monter le décor du spectacle.
Une concertation approfondie a été engagée par le préfet de la région Île-de-France avec l'ensemble des personnes concernées,...
M. Jean-François Husson. Pour décaler l'été ?
Mme Amélie Oudéa-Castéra, ministre. ... non pas pour décaler les moissons, les récoltes ou l'été, mais pour trouver, avec les représentants des céréaliers, des solutions aux demandes qui ont été formulées.
Premièrement, la durée de la période de fermeture du fleuve à la navigation avant la cérémonie a déjà été réduite de huit à sept jours (Exclamations amusées sur les travées du groupe Les Républicains.) et un travail d'optimisation se poursuit en liaison avec toutes les parties prenantes.
Deuxièmement, la demande faite à Voies navigables de France d'allonger les horaires d'ouverture des écluses est d'ores et déjà satisfaite.
Troisièmement, les premiers résultats sur l'identification de zones de stockage supplémentaires en aval et en amont de la zone fermée à la navigation, obtenus en lien avec Haropa, ont été transmis à la profession.
Quatrièmement, il fallait un point d'entrée unique auprès des autorités pour résoudre les difficultés éventuelles qui interviendront pendant les jeux. Cette demande aussi est satisfaite.
Cinquièmement, concernant les préjudices que l'on pourrait constater, une méthode de travail a été définie pour en assurer le traitement.
Les épreuves qui se dérouleront sur la Seine - je pense à la natation ou au triathlon - ne poseront pas de difficultés aux céréaliers puisque les bateaux pourront circuler tous les jours après le 26 juillet.
M. Rachid Temal. Ah !
M. Jean-François Husson. Ils nageront entre les péniches.
Mme Amélie Oudéa-Castéra, ministre. Mesdames, messieurs les sénateurs, soyez assurés que les conséquences de l'organisation des jeux sur le quotidien de nos concitoyens et sur la vie économique de notre pays font l'objet de toute notre attention. Nous les prenons en compte et nous veillons à en atténuer le plus possible les effets. (Applaudissements sur des travées du groupe RDPI.)
Mme Cathy Apourceau-Poly. Alors là...
M. le président. La parole est à M. Pierre Cuypers, pour la réplique.
M. Pierre Cuypers. Madame la ministre, j'entends ce que vous dites, mais les jeux Olympiques auront lieu dans cinq mois et, en réalité, notre souveraineté alimentaire et énergétique est encore une fois menacée. Elle est fragilisée dans un contexte de colère et de contestation : les agriculteurs et l'ensemble des filières en ont ras le bol !
Par conséquent, un arrêt complet de la navigation du 18 au 27 juillet prochains serait une erreur fatale, même si je peux comprendre que trois jours de fermeture soient nécessaires pour le déminage et pour le montage des installations.
En outre, il nous a été dit que les autorités refusaient la circulation fluviale, même partielle, par peur d'accidents sur les décors lors du montage et des cérémonies. Il ne faut tout de même pas prendre les bateliers pour des marins d'eau douce. (Sourires.)
Madame la ministre, si la navigation est interdite, cela représentera une perte de plus de 500 millions d'euros pour les filières françaises. Comprenez bien que chaque jour de retard supplémentaire prendrait des proportions exponentielles.
Vous savez aussi que nous sommes, en France, les stockeurs de nos clients africains, indiens ou égyptiens, et que si nous ne les livrons pas, les conséquences humaines seront dramatiques.
Madame la ministre, il est impératif - j'y insiste - de trouver une solution viable dans les quinze prochains jours pour que les filières puissent s'organiser. (Applaudissements sur les travées du groupe Les Républicains. - Mme Cathy Apourceau-Poly applaudit également.)
Source : senat.fr ↗
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