Interdiction de la benfluraline
Posée le 15/02/2024 • Ministère interrogé : Agriculture et souveraineté alimentaire
Marie-Claude Lermytte Les Indépendants
Sénatrice — Nord
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 15/02/2024
M. Marc Fesneau, ministre de l'agriculture et de la souveraineté alimentaire. Madame la sénatrice, je vous remercie de votre question sur la filière de l'endive et de la chicorée, qui représente à la fois un patrimoine et une force économique majeure, notamment dans les Hauts-de-France, où se concentrent 95 % de la production. L'inquiétude est donc légitime, nous en avons déjà parlé.
Notons tout d'abord que cette interdiction résulte non pas d'une surtransposition française, mais bien d'une décision européenne. Dès lors, seule une autre décision européenne pourrait revenir dessus. Or le processus est complexe : je n'ai jamais été témoin d'un tel retour en arrière. (Mme Sophie Primas s'exclame.)
Néanmoins, pour répondre à l'urgence de la situation, nous avons fait en sorte que cet herbicide puisse être utilisé au cours de la saison 2024, afin de couvrir le risque durant cette période. Si le mois de juin arrive vite, il en est de même pour janvier 2025.
C'est pourquoi des travaux ont d'ores et déjà été lancés au sein de la direction générale de l'alimentation (DGAL) pour examiner les solutions de substitution possibles parmi les herbicides autorisés. Des expérimentations seront mises en oeuvre dès cette année afin de dégager de nouvelles pistes pour 2025.
Par ailleurs, nous accompagnerons l'interprofession dans des programmes de recherche sur ce sujet. Pas d'interdiction sans solution, certes, mais il nous faut chercher des solutions pour ne pas nous retrouver dans l'impasse, d'autant que nous savions que ces molécules risquaient d'être interdites.
La réponse passera par le désherbage mécanique là où c'est possible ou par l'utilisation d'herbicides d'une autre nature.
Après avoir sécurisé l'année 2024, il nous revient d'ouvrir le plus vite possible une perspective pour 2025, puis de nous inscrire dans le temps long pour trouver les meilleures réponses à cette situation. Il n'y a pas d'autre solution pour ce type de produits. (Applaudissements sur des travées du groupe RDPI. - Mme Audrey Linkenheld s'exclame.)
Source : senat.fr ↗
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