Accord franco-canadien et CETA
Posée le 07/03/2024 • Ministère interrogé : Europe et affaires étrangères
Annick Girardin RDSE
Sénatrice — Saint-Pierre-et-Miquelon
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 07/03/2024
M. Jean-Noël Barrot, ministre délégué auprès du ministre de l'Europe et des affaires étrangères, chargé de l'Europe. Je vous prie de bien vouloir excuser l'absence du ministre de l'Europe et des affaires étrangères.
Madame la sénatrice, je veux vous assurer de la pleine mobilisation du Gouvernement dans le dialogue avec le Canada pour que la procédure devant la Commission des limites du plateau continental (CLPC) puisse aboutir. L'économie saint-pierraise peut compter sur notre entier soutien, lequel se manifeste notamment par la baisse du coût du fret, la mobilité, la formation, l'acquisition de navires et la recherche halieutique.
Quant aux réserves exprimées par la France, je vous propose de les évoquer avec le ministre Franck Riester dans les prochains jours.
Le Ceta était un bon accord au départ et s'avère être un très bon accord à l'arrivée. (Mme Cécile Cukierman proteste.) Je tenais à vous le dire, car votre assemblée aura bientôt à s'en saisir. C'était un bon accord, car, dans sa conception, il préservait certaines filières sensibles, telles que celles des produits laitiers et de la volaille. Concernant Saint-Pierre-et-Miquelon, il prévoyait un démantèlement tarifaire progressif et le cumul du pays d'origine pour que certaines exportations saint-pierraises puissent s'intégrer dans les exportations canadiennes. (Exclamations sur les travées du groupe CRCE-K.)
À l'arrivée, c'est un excellent accord, puisque notre excédent commercial européen avec le Canada a progressé de 25 %. (M. Fabien Gay s'exclame.) Nous pouvons ainsi nous satisfaire de 4 milliards d'euros supplémentaires d'excédent ! Les exportations françaises ont augmenté de près de 40 % dans l'ensemble, et plus encore dans certaines filières : 45 % pour le fromage et près de 60 % pour les vins et spiritueux. (Mme Sophie Primas s'exclame.)
Mesdames, messieurs les sénateurs, rejeter le Ceta, c'est porter un coup très dur à certaines de nos filières qui en ont pourtant bénéficié. (Protestations sur les travées du groupe CRCE-K et sur des travées du groupe SER.)
M. Rachid Temal. L'accepter aussi!
M. Jean-Noël Barrot, ministre délégué. C'est dire à l'ensemble de nos partenaires que la France refusera désormais de commercer ou d'entrer dans des accords commerciaux avec eux. Bref, rejeter le Ceta, c'est renoncer à l'ambition que la France demeure une grande puissance commerciale. (Applaudissements sur des travées des groupes RDPI et INDEP. - Protestations sur les travées du groupe CRCE-K.)
Mme Cécile Cukierman. Dites-le aux agriculteurs !
M. Emmanuel Capus. Silence !
Source : senat.fr ↗
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