Directive européenne sur le reporting extra-financier
Posée le 07/03/2024 • Ministère interrogé : Économie, finances, souveraineté industrielle et numérique
Christian Klinger Les Républicains
Sénateur — Haut-Rhin
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 07/03/2024
Mme Olivia Grégoire, ministre déléguée auprès du ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, chargée des entreprises, du tourisme et de la consommation. Monsieur le sénateur, puisque nous sommes dans la Chambre haute, qui est la chambre de la précision, permettez-moi de rappeler que les entreprises ne seront pas toutes concernées en même temps par la directive CSRD. Vous l'avez dit, les PME ne seront concernées qu'en 2027, mais les ETI ne le seront pour leur part qu'en 2026, et les grands groupes, en 2025. Cela va mieux en le disant !
Votre question est toutefois parfaitement légitime, mais puisqu'il y a parmi vous des spécialistes, mesdames, messieurs les sénateurs, ne soyons pas naïfs : il y a vingt ans, le choix du référentiel IFRS (International Financial Reporting Standards) a constitué une erreur majeure que nous payons encore aujourd'hui.
M. François Bonhomme. C'est bien vrai !
Mme Olivia Grégoire, ministre déléguée. Ne disposant que de deux minutes pour répondre, je ne m'étendrai pas sur le sujet. Il reste que l'on ne peut pas faire fi de ce débat, car, à défaut, vous savez aussi bien que moi que les normes américaines s'imposeraient, monsieur le sénateur Klinger.
Ne soyons par ailleurs ni simplistes ni flous. J'entends beaucoup de choses, notamment beaucoup d'âneries. L'on affirme par exemple que 1 178 data points seront imposés aux entreprises, quand cette disposition ne s'appliquera qu'aux très grandes entreprises, tandis que seulement 24 data points seront demandés aux PME concernées, par exemple en leur qualité de sous-traitantes.
Il nous faut désormais tester ces data points. Sous l'égide du président Rietmann, que je salue, la délégation aux entreprises du Sénat a formulé des propositions remarquables sur le test PME.
Mon ministère élabore, avec la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME), un test sur les trois blocs de normes CSRD. Pour être très précise, mais je vous le dois, monsieur le sénateur, nous travaillons particulièrement sur le bloc 3, le module business partner, qui a trait à la chaîne de sous-traitance.
Si les modules ne correspondent pas aux attentes de nos PME, la CPME et moi-même l'indiquerons avec force à Bruxelles. En tout état de cause, j'aurai l'occasion de rendre compte prochainement de ces travaux que nous menons main dans la main avec la CPME devant votre délégation aux entreprises. (M. Bernard Buis applaudit.)
M. le président. La parole est à M. Christian Klinger, pour la réplique.
M. Christian Klinger. Les agriculteurs manifestaient il y a peu contre l'inflation administrative et normative. Faites en sorte que nos PME françaises ne suivent pas le même mouvement, rallongeant ainsi le long cortège des incompris et des mécontents, madame la ministre ! (Applaudissements sur les travées du groupe Les Républicains.)
Source : senat.fr ↗
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