Autoroute A69 et droits de l'homme
Posée le 28/03/2024 • Ministère interrogé : Intérieur et outre-mer
Philippe Folliot UC
Sénateur — Tarn
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 28/03/2024
M. Gérald Darmanin, ministre de l'intérieur et des outre-mer. Monsieur le sénateur, je souscris pleinement à votre constat : l'autoroute reliant Castres à Toulouse a été décidée par les élus, indépendamment de leur appartenance politique - je tiens d'ailleurs à souligner que la présidente de la région Occitanie elle-même soutient ce projet - et confirmée par plusieurs gouvernements successifs.
Elle a fait l'objet d'innombrables recours devant la justice, qui ont tous approuvé sa réalisation. Des occupations illégales - concernant en particulier le site d'une ancienne ferme - et des tentatives d'occupation ont été menées, notamment par les mouvements Extinction Rebellion (XR) Toulouse, Soulèvements de la Terre ou encore Groupe national de surveillance des arbres (GNSA).
En outre, des violences d'une extrême gravité ont été perpétrées à l'encontre des forces de l'ordre, blessant neuf policiers et gendarmes.
Conformément à l'engagement que j'ai pris dès ma nomination au ministère de l'intérieur et des outre-mer, aucune zone à défendre (ZAD) ne sera plus tolérée sur le territoire national. Les opposants qui se sont installés illégalement ont donc été évacués, vingt et un activistes - un terme que je préfère à celui d'écureuils -...
M. André Reichardt. Très bien !
M. Gérald Darmanin, ministre. ... ont été interpellés et font actuellement l'objet de poursuites judiciaires pour violences et outrage envers gendarmes et policiers.
Tous les recours déposés par ces activistes ont en outre été rejetés par la justice.
Il n'appartient pas à une instance internationale, dépourvue de compétence souveraine sur les décisions de la justice française telle qu'elle a été instituée par le peuple français dans sa Constitution et dans son organisation juridique, de remettre en cause le fait qu'aucune ZAD ne saurait plus s'installer sur le territoire national.
Lorsque des projets sont décidés par les élus et l'État, des recours sont naturellement possibles. Dès lors que ceux-ci sont rejetés, il convient d'appliquer les décisions de justice. Les policiers et les gendarmes le font, non pas parce qu'ils soutiendraient tel ou tel projet, mais parce que c'est leur devoir. (Mme Mathilde Ollivier proteste.)
Nous devrions plutôt entendre des condamnations d'une extrême fermeté à l'encontre de ceux qui s'en prennent aux policiers et aux gendarmes, qui sont aussi des pères et des mères de famille, blessés dans ces opérations d'évacuation d'occupation illégale. (Applaudissements sur les travées du groupe RDPI, ainsi que sur des travées des groupes UC et Les Républicains.)
M. le président. La parole est à M. Philippe Folliot, pour la réplique.
M. Philippe Folliot. Monsieur le ministre, il y a d'un côté les mots et de l'autre les actes. S'agissant des ZAD, il en existe une à Saïx et une deuxième est en train de se constituer.
M. Gérald Darmanin, ministre. Ce n'est pas vrai !
M. Philippe Folliot. Il est donc important de joindre les actes aux paroles.
Par ailleurs, je déplore que vous n'ayez eu aucun mot pour le maire de Saïx, qui a été agressé, non plus que pour les maires des communes alentour, qui doivent faire face à des dégradations.
Monsieur le ministre, continuez à parler, c'est très bien, mais surtout agissez ! (Applaudissements sur des travées des groupes UC et Les Républicains.)
Source : senat.fr ↗
Autres questions de Philippe Folliot
Effectivité du contrôle des éco-organismes de la filière textile
Question écrite • 04/06/2026
Régime applicable aux agents publics territoriaux
Question écrite • 14/05/2026
Incertitude juridique autour d'une mise à la retraite d'un agent public territorial
Question écrite • 07/05/2026
Prise en compte des indemnités de fonction des élus locaux dans le calcul de la prestation compensatoire en cas de divorce
Question écrite • 07/05/2026