Soutien à la filière des palmipèdes à foie gras : poursuite de la vaccination et garantie de la qualité du foie gras
Posée le 07/03/2024 • Ministère interrogé : Agriculture et souveraineté alimentaire
Alain Duffourg UC
Sénateur — Gers
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 20/03/2024
M. Alain Duffourg. Madame la secrétaire d'État, ma question s'adressait au ministre de l'agriculture. Elle concerne la filière des palmipèdes à foie gras, qui a connu diverses épizooties au cours des deux dernières années. Cela a conduit à lancer une campagne de vaccination de ces oiseaux, pour un an à compter du mois d'octobre 2023.
Cette campagne entraîne des frais importants ; l'État finance les deux premières doses à hauteur de 85 %, la filière prenant en charge les 15 % restants ; la troisième dose est intégralement financée par l'État.
Aujourd'hui, cette filière agricole demande que l'État reconduise pour la seconde campagne de vaccination, à compter de l'automne 2024, l'ensemble de ces mesures financières, afin de lui permettre de s'adapter à cette nouvelle situation.
Comme vous le savez, mes chers collègues, ces mesures engendrent actuellement bien des contraintes pour les éleveurs. Ceux-ci demandent donc à pouvoir sortir les palmipèdes de leur abri après deux doses de vaccination si la sérologie est négative, ou après cinquante-six jours s'ils ont reçu la troisième dose.
Par ailleurs, des mesures ont été prises à l'échelon européen pour reconnaître la qualité de ces produits issus de notre agriculture particulièrement privilégiée. Nous demandons que le Gouvernement continue en ce sens, notamment via un étiquetage et une labellisation des boutiques vendant du foie gras et des aliments associés.
Enfin, il importe que les restaurateurs puissent mettre en valeur l'origine française du foie gras qu'ils servent. Nous venons de subir des crises agricoles majeures ; le Gouvernement semble en avoir pris la mesure.
Mme la présidente. Veuillez poser votre question, mon cher collègue !
M. Alain Duffourg. Je demande au ministère de l'agriculture une confirmation, celle que les mesures que j'ai évoquées seront bien prises, notamment en matière de prise en charge financière de la vaccination des palmipèdes à foie gras.
Mme la présidente. La parole est à Mme la secrétaire d'État.
Mme Marina Ferrari, secrétaire d'État auprès du ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, chargée du numérique. Monsieur le sénateur Duffourg, je vous prie tout d'abord de bien vouloir excuser Marc Fesneau et Agnès Pannier-Runacher, qui m'ont chargée de vous répondre à leur place.
La campagne de vaccination contre l'influenza aviaire hautement pathogène (IAHP) a commencé à l'automne 2023, conformément au calendrier annoncé.
Inédite dans son principe et par son ampleur, cette campagne de vaccination vise à mieux protéger la santé des animaux et celle des hommes. À l'échelle internationale, la France est le premier grand pays exportateur de volailles à déployer un tel dispositif innovant pour renforcer la protection des élevages.
À la mi-mars 2024, plus de 22 millions de canards ont fait l'objet d'une vaccination obligatoire contre l'IAHP pour l'ensemble des élevages de plus de 250 canards dont les produits sont commercialisés sur tout le territoire métropolitain.
Cette campagne vaccinale, dont le montant avoisine les 100 millions d'euros, est financée à 85 % par l'État pour les deux premières doses et à 100 % pour la troisième dose. Les modalités de financement de la prochaine campagne vaccinale seront définies dans les semaines à venir, en concertation avec les filières professionnelles. Les discussions sont engagées.
Grâce au succès de la campagne de vaccination, notamment, nous observons une nette diminution des foyers d'influenza aviaire en comparaison des années précédentes, preuve de l'efficacité du dispositif. Seuls dix foyers sont aujourd'hui recensés, contre trois cent quinze à la même date l'an passé.
La situation sanitaire favorable a d'ailleurs conduit le ministère à abaisser le risque influenza aviaire à « niveau modéré » depuis le 18 mars dernier, rendant possible la sortie des canards en parcours extérieur.
Depuis 2006, le foie gras est reconnu comme « fai[sant] partie du patrimoine culturel et gastronomique » dans le code rural et de la pêche maritime. Ce point est rappelé en introduction du « plan renforcé de reconquête de notre souveraineté sur l'élevage », présenté au salon international de l'agriculture le 25 février 2024, illustrant ainsi le soutien constant et durable du Gouvernement à cette filière.
Le ministère de l'agriculture et de la souveraineté alimentaire lancera prochainement des consultations, afin d'élaborer, d'ici à la fin du mois de juin, des plans d'action sectoriel par filière d'élevage.
Les évolutions souhaitées pour rendre plus transparente l'information du consommateur concernant l'origine des denrées alimentaires d'origine alimentaire comme le foie gras, ce que vous appelez de vos voeux, monsieur le sénateur, pourront être évoquées dans ce cadre.
Source : senat.fr ↗
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