Recul du trait de côte
Posée le 11/04/2024 • Ministère interrogé : Transition écologique et cohésion des territoires
Dominique Théophile RDPI
Sénateur — Guadeloupe
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 11/04/2024
M. Christophe Béchu, ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires. Monsieur Théophile, compte tenu de votre engagement en faveur de la sauvegarde des récifs coralliens, des départements et régions d'outre-mer (Drom) de façon générale, et de la Guadeloupe en particulier, je ne suis pas surpris que vous me posiez cette question véritablement d'actualité. En effet, le Cerema a publié la semaine dernière les cartes aux horizons 2030, 2050 et 2100 des départements les plus touchés par la montée des océans, ainsi que les scénarios qu'il envisage.
La première raison pour laquelle mon ministère a commandé cette cartographie et fait en sorte qu'elle soit publiée est exactement la même que la vôtre lorsque vous m'interrogez sur ce sujet : il s'agit de favoriser la prise de conscience. Car 2050, ce n'est pas si loin !
En 2050, plus de 5 000 logements seront touchés par le recul du trait de côte et, sur ce nombre, 10 % se situent en Guadeloupe. Il est donc nécessaire d'examiner précisément l'évolution de ce phénomène sur votre territoire.
Une mission d'inspection spécifique aux outre-mer est en cours, afin d'étudier de manière plus fine la typologie particulière des habitats ultramarins. Dans l'Hexagone, on observe une surreprésentation des propriétés et des résidences secondaires parmi les 20 % d'habitations les plus touchées sur le littoral. Ce n'est pas nécessairement le cas partout, comme vous l'avez dit.
Très concrètement, le plan national d'adaptation au changement climatique, qui sera présenté dans les prochaines semaines et que connaît bien le sénateur Dantec, comprend un volet consacré à la montée des océans. Quant au projet de loi de finances pour 2025, il prévoira les dispositifs d'accompagnement budgétaire nécessaires.
La mission confiée à la députée Sophie Panonacle vise à définir, en concertation avec l'Association nationale des élus du littoral (Anel), et en particulier le maire des Sables-d'Olonne, la meilleure répartition possible des financements dédiés à l'information, à l'indemnisation et à la capacité de construction en zone rétro-littorale.
Voilà ce à quoi nous travaillons, avec un impératif : ne pas rester dans l'inaction. Dans certains endroits il faudra construire des digues ; dans d'autres, il faudra replanter des mangroves ; et, dans d'autres encore, il faudra éviter de mener un combat perdu contre la mer, selon ce que nous diront les experts.
Vous aurez l'occasion de vous exprimer très rapidement sur cette panoplie de mesures que nous envisageons, qui vont de l'étude des phénomènes à l'indemnisation. (Applaudissements sur les travées du groupe RDPI, ainsi que sur des travées du groupe INDEP.)
Source : senat.fr ↗
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