Campagne de vaccination contre le papillomavirus dans les collèges
Posée le 04/04/2024 • Ministère interrogé : Santé et prévention
Patricia Demas Les Républicains
Sénatrice — Alpes-Maritimes
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 08/05/2024
Mme Patricia Demas. Monsieur le ministre, ma question porte sur la vaccination contre le papillomavirus des jeunes dans notre pays.
Le papillomavirus est une infection responsable chaque année de 6 000 nouveaux cas de cancers et de 30 000 lésions précancéreuses du col de l'utérus. Un vaccin est disponible et il est très efficace, d'autant plus quand la vaccination a lieu tôt, c'est-à-dire dès le collège. À cet âge, deux doses suffisent aux jeunes pour être protégés, alors que trois doses sont nécessaires à partir de 15 ans.
Le vaccin étant coûteux - autour de 100 euros la dose -, c'est une raison supplémentaire pour vacciner tôt, monsieur le ministre !
À l'échelle nationale, la couverture vaccinale des jeunes contre le papillomavirus est globalement en progression notable, bien qu'elle soit largement inférieure à celle des pays voisins. Elle se fait principalement hors du cadre scolaire.
À la fin de l'année 2023, la première dose avait été administrée à 55 % des collégiennes et à seulement 41 % des collégiens. La couverture vaccinale doit encore être améliorée, car, pour être totalement efficace, elle doit atteindre un taux de 80 %, dont nous sommes encore bien loin.
Et si l'on se réfère aux résultats très décevants de la première campagne de vaccination, menée dans les collèges en septembre 2023, seuls 10 % des jeunes y avaient reçu une première injection. Il y a matière à se demander pourquoi, à l'aube de la deuxième campagne, programmée pour la rentrée 2024...
Je souhaite donc savoir, monsieur le ministre, si le Gouvernement dispose enfin d'un bilan précis de cette première campagne vaccinale dans les collèges, pour identifier les freins à la vaccination et en affiner les leviers.
Par ailleurs, pouvez-vous m'assurer de votre détermination à conduire efficacement les campagnes à venir ?
Enfin, dans la mesure où les taux semblent différer très sensiblement d'une région à l'autre, je souhaite comprendre les inégalités entre les territoires. La région Sud, par exemple, est identifiée comme l'une des moins bien couvertes. Pour quelles raisons ?
Mme la présidente. La parole est à M. le ministre délégué.
M. Frédéric Valletoux, ministre délégué auprès de la ministre du travail, de la santé et des solidarités, chargé de la santé et de la prévention. Madame la sénatrice Patricia Demas, la première campagne de vaccination contre les infections à papillomavirus humain (HPV) au collège a permis de progresser dans trois champs. Je tiens à le réaffirmer devant vous.
Tout d'abord, son déploiement dans tous les collèges publics et dans les collèges privés volontaires est un succès. Au total, ce sont plus de 117 000 élèves de cinquième qui ont reçu leur première dose de manière sûre, gratuite et facile d'accès et qui s'apprêtent à recevoir la seconde dose.
Ensuite, nous avons informé efficacement les jeunes et leurs parents de l'importance d'être vaccinés contre toute exposition au papillomavirus.
Enfin, nous constatons un véritable effet d'entraînement de cette campagne au collège sur la vaccination spontanée en ville.
Au total, et pour répondre très précisément à votre question, plus de 400 000 adolescents âgés de 12 ans en 2023 ont reçu au moins une dose en ville ou au collège, soit 48 % de la classe d'âge. C'est 17 points de plus que la génération précédente - celle qui avait 12 ans en 2022.
Forte de ces résultats encourageants, la campagne sera renouvelée dans les collèges dès la rentrée prochaine. Notre objectif reste le même : vacciner 80 % d'une tranche d'âge d'ici à 2030, pour éradiquer les cancers liés aux HPV.
Nous avons mené une évaluation interne auprès des agences régionales de santé et allons adapter le dispositif, afin de le rendre encore plus souple et plus opérationnel.
Nous allons notamment renforcer l'information et la communication à plusieurs niveaux. Les parents d'élèves de sixième recevront un premier courrier d'information d'ici à la fin de ce mois de mai, et des séances d'information et de sensibilisation à destination de ces élèves seront menées dans les collèges en juin, pour la vaccination qui aura lieu à partir de la rentrée. En outre, à la rentrée en cinquième, un second courrier d'information sera envoyé aux parents d'élèves.
Parallèlement, une large campagne de communication grand public et à destination des professionnels de santé sera déployée à la rentrée scolaire.
Pour ce qui concerne, enfin, les différences territoriales, elles ne s'expliquent que par l'adhésion au vaccin, puisque cette démarche est proposée à l'ensemble des élèves, quel que soit leur lieu d'habitation.
Source : senat.fr ↗
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