Violences à Cavaillon
Posée le 17/10/2024 • Ministère interrogé : Intérieur
Jean-Baptiste Blanc Les Républicains
Sénateur — Vaucluse
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 17/10/2024
M. Bruno Retailleau, ministre de l'intérieur. Monsieur le sénateur Jean-Baptiste Blanc, vous avez évoqué un événement qui, pour moi, est très significatif et hautement révélateur, puisqu'il s'agit d'une opération de représailles des trafiquants de drogue contre les forces de l'ordre.
Voilà quelques jours, avant justement la nuit du 8 octobre, nous avons mené, à Cavaillon, une opération au cours de laquelle nous avons procédé à de nombreuses interpellations et à des saisies très importantes de drogue, mais aussi d'armes - je le précise, car vous ne l'avez pas relevé.
Ensuite, les narcotrafiquants sont venus défier l'État. Ils ont riposté, brûlant quatre véhicules de police et allant jusqu'à endommager le commissariat. C'est absolument inacceptable !
Aussitôt, j'ai appelé le maire, Gérard Daudet, pour lui dire, au nom du Premier ministre, que s'en prendre à un commissariat, c'est s'en prendre à l'État, c'est s'en prendre à la République.
J'ai aussitôt dépêché la compagnie républicaine de sécurité (CRS) 81, qui est basée à Marseille, pour rétablir l'ordre.
Nous ne nous sommes pas contentés de cela : nous avons mené, avec le ministère de la justice, une autre opération judiciaire, qui nous a permis de riposter, de porter de nouveau un coup et de procéder à de nouvelles interpellations. Voilà où nous en sommes.
Vous avez, à juste titre, souligné la question des effectifs.
Il y a, au commissariat de Cavaillon, 66 gardiens de la paix. Cinq nouveaux agents sont venus renforcer les effectifs voilà quelques semaines, ce qui nous permettra de créer une nouvelle brigade anticriminalité de jour. Les effectifs de mon ministère sont sollicités aujourd'hui en Martinique et en Nouvelle-Calédonie, s'ils ont été sollicités, comme vous l'avez rappelé, pour les jeux Olympiques, mais j'y veillerai !
Cependant, je veux dire que tout cela n'est pas qu'une question d'effectifs. Mes chers collègues, je pense que la lutte contre le narcobanditisme doit être une cause nationale. Toutes les informations dont nous disposons nous portent vraiment à le croire !
Il y a un peu plus de dix ans commençait, à Toulouse, avec Mohamed Merah, notre grand combat contre le terrorisme. Nous n'avons pas gagné ce combat, qui est toujours à recommencer, mais nous avons porté des coups décisifs. Nous nous sommes totalement réorganisés.
Ce que nous avons fait contre le terrorisme, il va falloir que nous le fassions contre le narcotrafic, avec, bien entendu, la même détermination dans l'action, la même concentration dans la durée, mais aussi avec un nouvel éventail de mesures, notamment législatives.
Mme Marie-Pierre de La Gontrie. C'est fini !
M. Bruno Retailleau, ministre. À cet égard, je compte beaucoup sur la mission transversale que le groupe LR avait diligentée pour que nous puissions nous doter de ces nouveaux moyens législatifs. (Vifs applaudissements sur les travées du groupe Les Républicains.)
Source : senat.fr ↗
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