Insécurité en Guyane
Posée le 24/10/2024 • Ministère interrogé : Intérieur
Georges Patient RDPI
Sénateur — Guyane
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 24/10/2024
M. Bruno Retailleau, ministre de l'intérieur. Monsieur le sénateur Georges Patient, vous m'alertez sur la gravité de la situation en Guyane, et singulièrement à Saint-Laurent-du-Maroni.
Selon les statistiques que vous avez à juste titre citées, nous en sommes, sur ce petit bout du territoire français, à quarante-deux homicides depuis le début de l'année. J'ajoute que le mouvement s'accélère : sur place, on dénombre désormais deux à trois tentatives d'homicide par jour et, depuis le début de l'année, les vols à main armée ont augmenté de 37 %. Bref, la situation s'aggrave.
Un pic de violence a eu lieu le 3 octobre dernier : ce jour-là, nos gendarmes ont été pris à partie. Lors d'une opération de rétablissement de l'ordre, ils ont même essuyé plus de quarante tirs à balles réelles.
Je tiens à saluer devant la représentation nationale le courage des forces de l'ordre présentes sur place. Elles accomplissent un travail extraordinaire dans des conditions très difficiles : bravo à elles, vraiment. (Applaudissements sur les travées des groupes Les Républicains, UC, INDEP, RDPI et RDSE et sur des travées du groupe SER.)
Soyez assuré que nos enquêteurs sont mobilisés. Ils ont interpellé et déféré à la justice plusieurs individus présumés responsables des désordres du 3 octobre dernier : notre main ne tremble pas.
Vous m'interrogez au sujet des renforts. Que faire ? Avec le Premier ministre, j'ai décidé d'envoyer sur place, en renfort, les escadrons de gendarmerie que vous réclamez. Des renforts déployés sur mon initiative sont d'ores et déjà arrivés, pour certains pas plus tard qu'hier : tel est le cas du peloton d'intervention de la garde républicaine que vous évoquiez. De même, nous avons renforcé l'antenne du groupe d'intervention de la gendarmerie nationale (GIGN), qui est précisément engagée à Saint-Laurent-du-Maroni.
Les renforts sont donc là. Ils s'ajoutent aux 1 525 policiers et gendarmes territoriaux déjà présents sur place, mais cela ne suffira pas. En parallèle, nous allons mieux contrôler la frontière, qui, pour l'heure, n'est en effet qu'une passoire.
Vous avez raison : le Maroni est devenu l'autoroute de la délinquance, de gens ultraviolents. Pour contrôler ce fleuve, comment allons-nous faire ? Nous allons tout simplement rétablir le contrôle de l'accostage des bateaux dans le port, avec - je l'espère - le soutien des collectivités territoriales. En outre, nous allons déployer des drones pour assurer une surveillance permanente de la frontière.
Comptez sur nous, monsieur le sénateur, pour ne pas laisser dériver la violence dans votre beau territoire : la République, c'est non seulement la métropole, mais aussi l'ensemble des territoires ultramarins français. (Applaudissements sur les travées du groupe Les Républicains et sur des travées des groupes UC, INDEP et RDPI.)
Source : senat.fr ↗
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