Urgence de réformer la politique de santé périnatale
Posée le 24/10/2024 • Ministère interrogé : Santé et accès aux soins
VVéronique Guillotin RDSE
Sénatrice — Meurthe-et-Moselle
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 24/10/2024
Mme Geneviève Darrieussecq, ministre de la santé et de l'accès aux soins. Madame la sénatrice Guillotin, avant tout, je tiens à saluer le travail que vous avez mené avec Mme la sénatrice Jacquemet : vous avez rédigé un rapport absolument essentiel, dont j'approuve bien sûr les constats.
Depuis vingt ans, nous n'avançons plus en matière de périnatalité : pis, nous reculons - les chiffres le prouvent.
Aujourd'hui, le suicide est la première cause de décès des mères qui viennent d'accoucher. M. le Premier ministre entend faire de la santé mentale la grande cause nationale de l'année 2025 : ce sujet fait partie de ceux sur lesquels nous devrons nous pencher à ce titre.
La santé périnatale est bel et bien un défi majeur. Dans le cadre des assises de la pédiatrie et de la santé de l'enfant, une feuille de route a été établie pour les années 2024 à 2030 ; elle reprend au total onze des préconisations énumérées dans votre rapport. Voilà un premier point dont il faut se féliciter.
Vous l'avez dit : il faut ériger la prévention en priorité. Il faut également améliorer nos équipements et les conditions d'exercice de nos personnels soignants. Et il faut garantir un lit de réanimation néonatale pour 1 000 naissances dans chaque région d'ici à 2027 - cet objectif figure dans la feuille de route que je viens de citer. En parallèle, il faut faire évoluer le cadre réglementaire applicable aux activités de néonatologie, de soins intensifs et de réanimation néonatale.
Enfin, nous manquons de pédiatres. C'est précisément pourquoi 600 postes d'internes en pédiatrie seront désormais proposés chaque année, soit une augmentation de 75 % par rapport à 2022.
Madame la sénatrice, je dois évidemment vous rencontrer pour enrichir cette feuille de route ; en cette matière, il nous faut amplifier l'effort tout en mettant l'accent sur la dimension de proximité, sur laquelle vous insistez à juste titre et qui représente pour les familles un enjeu essentiel. La période périnatale étant souvent complexe, nous devons leur garantir qu'elles pourront la traverser entourées et guidées. Ce sera bon à la fois pour la santé de la mère, pour celle du père et pour celle de l'enfant.
M. le président. La parole est à Mme Véronique Guillotin, pour la réplique.
Mme Véronique Guillotin. Madame la ministre, je vous remercie pour l'attention que vous portez à notre travail, ainsi que pour la réponse positive accordée à notre demande de rendez-vous ; nous attendons cet entretien avec impatience.
J'y insiste, il est urgent d'agir en faveur de la santé périnatale. Ma collègue Annick Jacquemet et moi-même proposons en particulier de rompre avec le dogme d'un seuil d'activité fixé à 1 000 naissances. Nous suggérons une réorganisation de l'offre de soins par bassin de naissance, mais cela ne se fera pas sans une véritable volonté politique ni sans un véritable pilotage national. (Applaudissements sur les travées du groupe RDSE et sur des travées des groupes INDEP, UC et Les Républicains. - Mme Raymonde Poncet Monge applaudit également.)
Source : senat.fr ↗
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