Enseignants non-remplacés dans le secondaire
Posée le 24/10/2024 • Ministère interrogé : Éducation nationale
Stéphane Le Rudulier Les Républicains
Sénateur — Bouches-du-Rhône
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 06/11/2024
M. Stéphane Le Rudulier. Monsieur le ministre, j'ai été interpellé le 7 octobre dernier par le maire de Sausset-les-Pins au sujet de l'absentéisme grandissant des professeurs du collège Pierre-Matraja, notamment dans des matières fondamentales comme le français ou les mathématiques.
Plus précisément, au cours de l'année scolaire 2023-2024, plus de 1 500 heures d'enseignement n'ont pas été remplacées dans cet établissement, ce qui représente une perte de 30 % du temps d'apprentissage pour certaines classes. De nombreux élèves subissent ces absences pour la troisième année consécutive ; les lacunes que cela occasionne - dans des manières fondamentales, je le redis - auront incontestablement un impact sur la suite de leur scolarité.
Je ne remets nullement en cause les causes pleinement légitimes de l'absentéisme de ces enseignants, et nous sommes tous conscients des difficultés de recrutement que connaît, hélas ! le secteur éducatif ; cette crise des vocations a des effets considérables sur le fonctionnement de nos collèges. Cependant, force est de constater qu'aucun changement profond ne se fait jour, malgré l'action que les gouvernements précédents étaient censés mener, depuis sept ans, pour remédier à cette situation.
Dès lors, ma question est la suivante : quelles solutions pérennes peut-on mettre en oeuvre pour lutter contre l'absentéisme des professeurs ?
M. le président. La parole est à M. le ministre délégué.
M. Alexandre Portier, ministre délégué auprès de la ministre de l'éducation nationale, chargé de la réussite scolaire et de l'enseignement professionnel. Monsieur le sénateur Le Rudulier, je vous remercie de votre question, qui me donne l'occasion d'affirmer que le remplacement des enseignants absents est une priorité du Gouvernement, car il s'agit d'une attente des familles, envers lesquelles nous avons une obligation de résultat ; nous devons donc y consacrer des moyens qui soient à la hauteur des enjeux.
Vous le savez comme moi, la réussite scolaire, qui figure dans l'intitulé de mon portefeuille, est impossible à atteindre lorsqu'il n'y a pas d'enseignant dans la classe. C'est la base de notre mission, et nous devons évidemment tout faire pour éviter ces situations qui ont un coût quotidien pour les élèves.
On ne résoudra pas ce problème par un coup de baguette magique ; plusieurs réponses doivent être mobilisées.
La première réponse est d'abord organisationnelle, de manière à réduire drastiquement les besoins de remplacement. La moitié des 15 millions d'heures perdues chaque année dans le second degré découle de contraintes institutionnelles. Depuis la rentrée 2024, notre objectif est de positionner 100 % des formations et des réunions en dehors du temps scolaire. Cela peut sembler une évidence, mais ce n'a pas toujours été le cas. Il faut désormais une règle claire pour mettre fin à ces absences évitables.
La seconde réponse passe par une meilleure efficacité des remplacements de courte durée, c'est-à-dire de ceux de moins de quinze jours.
Cela fait partie des missions prioritaires du pacte enseignant. Les résultats sont déjà visibles : pour l'année scolaire 2023-2024, à l'échelle nationale, nous avons multiplié par trois le taux d'efficacité du remplacement de courte durée. Ce sont 2 millions d'heures qui ont ainsi été assurées : c'est loin d'être neutre ! Dans le projet de loi de finances pour 2025, nous prévoyons d'amplifier cette dynamique en doublant les moyens dédiés à ces missions.
S'agissant des absences de plus de quinze jours, qui sont hautement pénalisantes, le taux de remplacement s'élève à près de 95 %. C'est déjà bien, mais je suis conscient de la situation dans laquelle se trouvent les élèves pâtissant des 5 % manquants, ainsi que leurs familles. C'est pourquoi le ministère travaille, en lien étroit avec les rectorats, à l'optimisation de notre potentiel de remplacement, afin de garantir la continuité des enseignements partout sur le territoire. Il reste des secteurs où les remplacements sont plus difficiles à assurer qu'ailleurs.
Concernant la situation du collège Pierre-Matraja de Sausset-les-Pins, sur laquelle vous m'interrogez plus spécifiquement, je confirme que cet établissement a connu des besoins de remplacement récurrents au cours de l'année scolaire 2023-2024, en particulier en lettres modernes. Cet établissement fait l'objet d'un suivi régulier de la part des services du rectorat de l'académie d'Aix-Marseille, en lien avec la cheffe d'établissement, et que la priorité est donnée à ce collège dans les recrutements de contractuels en cours. Nous continuerons d'y veiller avec attention.
M. le président. La parole est à M. Stéphane Le Rudulier, pour la réplique.
M. Stéphane Le Rudulier. Monsieur le ministre, il y a vraiment urgence. Je comprends votre stratégie, mais la justice administrative a déjà constaté l'échec de l'État, son impuissance en la matière, en le condamnant même à réparer le préjudice causé à certains enfants ayant connu une rupture de scolarité. Nous comptons sur vous !
Source : senat.fr ↗
Autres questions de Stéphane Le Rudulier
Conditions de circulation des véhicules de transport sanitaire
Question écrite • 02/07/2026
Avenir de Fibre Excellence
Question orale sans débat • 25/06/2026
Enjeux pour les communes des activités commerciales de la société Valocîme sur le marché des télécoms
Question écrite • 07/05/2026
Excès d'interprétation de la notion de constructions nécessaires à l'exploitation agricole
Question écrite • 16/04/2026