Agriculture en crise et retard dans la concrétisation des mesures annoncées
Posée le 24/10/2024 • Ministère interrogé : Agriculture, souveraineté alimentaire et forêt
Lucien Stanzione SER
Sénateur — Vaucluse
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 06/11/2024
M. Lucien Stanzione. En pleine crise agricole, la filière viticole du Sud-Est est plongée dans un profond désarroi.
Il y a peu, j'interpellais Mme la ministre de l'agriculture pour lui demander quels étaient son projet et son programme pour l'agriculture, particulièrement celle du sud de la France.
J'ai appris cette nuit que Mme la ministre était en déplacement dans l'Aude pour y faire de nouvelles annonces. Il était temps, car la colère de nos agriculteurs ne cesse, à juste titre, de monter !
J'apprends par ailleurs ce matin que de grandes surfaces vendent le litre de vin de côtes-du-rhône de qualité à 1,90 euro, alors que son coût de production est au moins 50 % plus élevé. Comment voulez-vous que les viticulteurs s'y retrouvent ?
Qu'en est-il du dispositif d'arrachage viticole dans le Sud-Est, ouvert le 15 octobre dernier ? Quand aura lieu sa mise en place concrète ? Pourquoi, en outre, n'est-il pas conditionné à des usages de diversification destinés à la production alimentaire humaine ?
Les remontées de terrain révèlent déjà que les structures viticoles les plus en difficulté risquent de devoir arracher la totalité de leurs vignes et qu'elles sont menacées de disparition. Dans ce contexte, l'enveloppe annoncée de 120 millions d'euros sera sûrement insuffisante.
Par ailleurs, la communication à propos du plan Agriculture climat Méditerranée, grâce auquel les agriculteurs pourront bénéficier, via un appel à projets, d'une aide globale de 30 millions d'euros, doit encore être renforcée.
Ce projet est en effet très largement méconnu dans le Sud-Est et dans la région Paca (Provence-Alpes-Côte d'Azur). Or ce plan est essentiel pour l'avenir de ces territoires particulièrement vulnérables face au changement climatique. Qu'en sera-t-il, monsieur le ministre ? Et quand ce plan sera-t-il mis en oeuvre ?
Enfin, la question de l'eau est au coeur de l'agriculture de demain. Sans arbitrage de l'État, sans stratégie globale claire ni plan de financement, que sera l'agriculture méridionale de demain dans le cadre de projets d'irrigation, tel que le projet Hauts de Provence rhodanienne (HPR) ?
M. le président. La parole est à M. le ministre délégué.
M. Benjamin Haddad, ministre délégué auprès du Premier ministre et du ministre de l'Europe et des affaires étrangères, chargé de l'Europe. Monsieur le sénateur Stanzione, le secteur agricole est en effet confronté depuis plusieurs années à diverses crises, climatiques, sanitaires ou économiques.
Pour accompagner les agriculteurs face à ces défis, l'État finance des plans d'investissement visant à adapter l'agriculture au changement climatique dans le cadre de France 2030 et de la planification écologique.
Il a également mis en place la réforme de l'assurance récolte pour accompagner économiquement les agriculteurs victimes de catastrophes climatiques.
Au-delà de ces mesures structurelles qui se traduisent dans divers plans sectoriels - plan de souveraineté pour la filière fruits et légumes, plan gouvernemental renforcé de reconquête de notre souveraineté sur l'élevage -, l'État met également en place dans des délais très rapides des dispositifs de soutien économique.
L'État soutient donc les agriculteurs et continuera à appuyer les filières en fonction des besoins. Les récentes annonces qui ont été faites aux éleveurs une nouvelle fois victimes de maladies vectorielles en sont une illustration.
En ce qui concerne les filières que vous citez, 3,6 millions d'euros ont bénéficié aux producteurs de cerises au titre de l'aide exceptionnelle mise en place en 2023. La filière a également bénéficié d'un guichet dédié permettant de financer des agroéquipements spécifiques pour accompagner la lutte contre les ravageurs et les conséquences du changement climatique.
Enfin, la filière lavandicole bénéficie d'un accompagnement important : un dispositif d'assistance technique doté de 1,1 million d'euros et géré par FranceAgriMer sera notamment lancé prochainement à la suite de l'avis favorable du comité spécialisé.
Nous pouvons nous en féliciter, car cette coconstruction entre l'État et la filière a permis de définir, en complément de mesures d'urgence, des actions structurelles dont la filière avait besoin.
Vous pouvez compter sur la ministre de l'agriculture - elle s'y est engagée - pour apporter des réponses rapides face aux situations urgentes que vivent nos agriculteurs.
Source : senat.fr ↗
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