Enseignement
Posée le 14/11/2024 • Ministère interrogé : Premier ministre
Adel Ziane SER
Sénateur — Seine-Saint-Denis
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 14/11/2024
M. Alexandre Portier, ministre délégué auprès de la ministre de l'éducation nationale, chargé de la réussite scolaire et de l'enseignement professionnel. Monsieur le sénateur Ziane, quand je pense à nos enseignants, je vois, comme vous, tous ces visages qui ont jalonné nos parcours.
Je pense à ces instituteurs qui, à sept heures et quart du matin, préparent les dernières photocopies, peaufinent les activités du jour et accueillent de manière inconditionnelle tous les enfants, d'où qu'ils viennent. (Et donc ? sur les travées du groupe SER.)
On ne le dit pas assez, l'école est le premier service public de ce pays. C'est le premier lieu où, par définition, nos enfants vont apprendre ce qu'est le collectif, la Nation, la France.
Bien évidemment, les enseignants sont assurés du soutien inconditionnel de tout le Gouvernement, uni derrière Michel Barnier. (Marques d'agacement à gauche.)
Je veux le dire de façon très claire : je ne partage pas les propos que vous avez évoqués ; le soutien financier que nous apportons aux enseignants en est la meilleure illustration. (M. Rachid Temal s'exclame.)
En effet, alors que nous vivons un moment de contraintes budgétaires inédites, nous avons fait le choix de donner à l'école le budget le plus important de son histoire, soit 63 milliards d'euros.
Bien sûr, ce n'est jamais assez et nous pourrions encore faire mieux. En attendant, les moyens supplémentaires alloués à l'éducation nationale nous permettront d'en faire plus sur bien des aspects.
En particulier, nous pourrons réduire le nombre d'élèves par classe et mieux accueillir chacun de nos enfants. (Mmes Céline Brulin et Cathy Apourceau-Poly s'exclament.)
Nous pourrons aussi poursuivre la modernisation du lycée professionnel. Contrairement à certains propos que l'on peut parfois entendre çà et là, nous avons bel et bien ouvert des classes dans ces établissements à la rentrée et avons recruté des enseignants.
Nous serons également en mesure de mieux accueillir les enfants qui ont le plus de difficultés, notamment ceux qui souffrent de handicap. Il s'agit là d'un sujet sur lequel nous pouvons tous nous retrouver.
Quelque 2 500 emplois profiteront bientôt à l'ensemble de la communauté éducative. Les enseignants et les accompagnants d'élèves en situation de handicap (AESH) permettront, j'insiste, de mieux accueillir nos enfants.
Vous serez amenés dans quelques jours à discuter du budget. Vous pourrez ainsi formuler des propositions différentes (Exclamations et rires sur les travées des groupes SER et CRCE-K.),...
Mme Sylvie Robert. Nous n'y manquerons pas !
M. Alexandre Portier, ministre délégué. ... dire en quoi consiste votre vision de l'école et présenter les mesures que vous comptez prendre pour améliorer les choses. J'ai hâte que nous puissions en débattre ensemble. (Applaudissements sur les travées du groupe RDPI. - Mme Cécile Cukierman s'exclame.)
M. le président. La parole est à M. Adel Ziane, pour la réplique.
M. Adel Ziane. Nous vous remercions de ne pas reprendre les propos de Nicolas Sarkozy, monsieur le ministre. Soyez-en assuré, nous aurons énormément de propositions à vous faire.
J'aurais aimé entendre la ministre de l'éducation nationale sur ce sujet - il me semble qu'elle est à Paris en ce moment -, à deux titres.
D'abord sur la forme, car la priorité absolue est de faire en sorte qu'un professeur se tienne devant chaque classe. Or 15 millions d'heures de cours ne sont pas dispensées dans notre pays.
M. Olivier Paccaud. Eh oui !
M. Adel Ziane. L'annonce de l'acte II du « choc des savoirs » a été faite, alors que l'acte I n'a même pas été évalué et que 4 000 postes seront supprimés.
Ensuite, j'aurais souhaité entendre la ministre sur le fond. Durant la crise du covid-19, les agents de la fonction publique étaient loués pour leur abnégation. Ils se trouveront encore en première ligne, demain, pour redresser notre pays face à la crise économique et budgétaire qui va s'abattre sur nous.
Ils méritent mieux que les clichés éculés, alors que le ministre de la fonction publique, dans une forme de trumpisme à la française, n'a rien trouvé de plus judicieux que de s'acoquiner avec Elon Musk, ce matin, sur X, pour mépriser et provoquer les enseignants. (Vifs applaudissements sur les travées des groupes SER, GEST et CRCE-K. - M. le ministre de la fonction publique, de la simplification et de la transformation de l'action publique s'exclame.)
M. Hussein Bourgi. Arrêtez de dire n'importe quoi, monsieur Kasbarian !
M. Adel Ziane. Nous devons faire preuve de considération à l'égard des enseignants et reconnaître, dans la parole comme dans l'action politique, leur rôle et leur travail. (Applaudissements sur les travées des groupes SER, GEST et CRCE-K.)
Source : senat.fr ↗
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