Violences faites aux élus
Posée le 21/11/2024 • Ministère interrogé : Premier ministre
Marion Canalès SER
Sénatrice — Puy-de-Dôme
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 21/11/2024
M. Bruno Retailleau, ministre de l'intérieur. Madame la sénatrice, je ne pense absolument pas que l'on réglera la question de la violence contre les élus à coups de millions d'euros. La violence, elle est partout ; elle se répand dans notre société. Et les premières victimes en sont évidemment les élus.
Il y a un énorme paradoxe : jamais la France n'a eu autant besoin des maires et des élus et jamais - M. le questeur Lefèvre le disait voilà quelques instants - ces derniers n'ont été autant découragés, découragés par des règles souvent bureaucratiques,...
M. Adel Ziane. Ce n'est pas la question !
M. Bruno Retailleau, ministre. ... comme Mathieu Darnaud l'a souligné voilà quelques instants, découragés aussi, vous l'avez dit à juste titre, par ces violences.
J'ai été tenu au courant par le préfet de votre département des violences qui ont été exercées sur les réseaux via l'intelligence artificielle générative. D'ailleurs, ce n'est pas l'intelligence artificielle en soi qui est coupable ; en l'occurrence, les coupables, ce sont ceux qui en font cet usage-là.
Je le rappelle - d'ailleurs, je pense que vous vous en souvenez parfaitement -, la loi du 21 mars 2024 renforçant la sécurité et la protection des maires et des élus locaux, issu d'une proposition de loi sénatoriale, offre un certain nombre d'outils pour lutter contre la violence, y compris sur les réseaux sociaux. Ce dernier volet est peut-être moins connu, mais il faut que notre texte, votre texte, puisse être scrupuleusement suivi d'effets.
J'ai demandé aux préfets de se mobiliser, notamment en signalant systématiquement au procureur lorsqu'il y a lieu de le faire. Ainsi, le préfet de votre département a signalé, au titre de l'article 40 du code de procédure pénale, les faits que vous avez évoqués.
Il faut également surveiller les réseaux. Et l'intelligence artificielle générative nous place face à de nouveaux défis.
Je pense qu'internet ne doit pas être une zone de non-droit. Ce que nous exigeons dans la sphère physique réelle, nous devons être en droit de l'obtenir aussi dans la sphère virtuelle. Ce principe figurait d'ailleurs dans un certain nombre de textes européens, dont celui qui concernait l'intelligence artificielle.
Vous avez raison : un élu qui dépose une plainte doit être informé des suites apportées ou de l'absence de suite. Je pense que c'est fondamental.
M. Loïc Hervé. Bien sûr ! Mais ce n'est pas toujours le cas.
M. Bruno Retailleau, ministre. En tout cas, croyez-moi, nous sommes entièrement et concrètement mobilisés. (Applaudissements sur les travées du groupe Les Républicains.)
M. Mickaël Vallet. Comme le chantait Mick Jagger... (Sourires sur les travées du groupe SER.)
M. le président. La parole est à Mme Marion Canalès, pour la réplique.
Mme Marion Canalès. Nous espérons que les 5 millions d'euros promis dans le cadre du plan en faveur de la sécurité des élus annoncé par Mme Faure au moment de l'examen de la loi de mars 2024 seront maintenus dans le projet de loi de finances. À ce stade, le doute plane. (Applaudissements sur les travées du groupe SER.)
Source : senat.fr ↗
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