Surexposition des enfants aux écrans
Posée le 21/11/2024 • Ministère interrogé : Santé et accès aux soins
Catherine Morin-Desailly UC
Sénatrice — Seine-Maritime
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 21/11/2024
Mme Geneviève Darrieussecq, ministre de la santé et de l'accès aux soins. Madame la sénatrice Morin-Desailly, vous avez raison, le temps excessif d'exposition des enfants, notamment des enfants jeunes, aux écrans est un fléau ; et ce qu'ils peuvent voir sur ces écrans en est un autre.
Il y a aujourd'hui un consensus scientifique pour dire que la surexposition aux écrans nuit au sommeil et favorise la sédentarité, l'obésité, les épidémies de myopie, les troubles du développement socioémotionnel, voire l'anxiété et la dépression. Elle est donc source d'un mal-être notable, ce qui doit nous interpeller.
M. le Premier ministre ayant souhaité ériger la santé mentale en grande cause nationale pour l'année 2025, nous devons, me semble-t-il, inclure dans ce cadre une réflexion sur ce temps d'exposition aux écrans, qui crée un mal-être important chez les jeunes. Nous le savons bien, l'anxiété peut conduire progressivement à la dépression.
Le phénomène que vous évoquez constitue bien un enjeu de santé publique.
Dès le 1er janvier, les nouveaux carnets de santé comprendront des pages consacrées à la prévention à destination des parents. Nous sommes également en train de modifier les carnets de maternité, afin, là aussi, de donner des indications aux futurs parents.
Nous devons construire ensemble une feuille de route à partir du rapport que le professeur Benyamina et le docteur Mouton ont remis au Président de la République au mois d'avril dernier.
La surexposition aux écrans est un fléau que nous devons combattre avec un cadre précis, axé sur la prévention et les conseils aux parents, afin qu'ils puissent agir. Je crois moins à la coercition, qu'il serait en l'occurrence compliqué de mettre en oeuvre. (M. François Patriat applaudit.)
M. le président. La parole est à Mme Catherine Morin-Desailly, pour la réplique.
Mme Catherine Morin-Desailly. Madame la ministre, vous admettez qu'il s'agit d'un sujet extrêmement grave. Dès lors, pourquoi attendre encore et appeler à une nouvelle réflexion ?
Des rapports antérieurs à ceux qui ont été remis au Président de la République existaient déjà au Sénat. Appuyons-nous sur la proposition de loi de l'ancienne députée Caroline Janvier, qui est dans la navette : ce texte contient des mesures de prévention, mais aussi d'action.
D'ici là, je suggère que le Gouvernement engage d'ores et déjà une campagne d'intérêt général de santé publique pour promouvoir les dispositions de la loi du 21 mai 2024 visant à sécuriser et à réguler l'espace numérique, que nous venons de voter, et, surtout, les outils de contrôle parental sur tablettes et téléphones ; il en existe, mais ils sont, nous dit l'Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (Arcom), largement sous-utilisés.
Nous le devons aux enfants, dont c'est aujourd'hui la Journée internationale des droits. (Bravo ! et applaudissements sur les travées des groupes UC, INDEP et Les Républicains. - M. Mickaël Vallet applaudit également.)
Source : senat.fr ↗
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