Situation industrielle de la France et stratégie gouvernementale face à la fermeture d'entreprises
Posée le 28/11/2024 • Ministère interrogé : Premier ministre
Rémi Cardon SER
Sénateur — Somme
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 28/11/2024
M. Antoine Armand, ministre de l'économie, des finances et de l'industrie. Monsieur le sénateur Cardon, je n'ai pas besoin de vous rappeler la date à laquelle Michel Barnier a été nommé Premier ministre de la République. (Exclamations ironiques sur les travées du groupe SER.)
M. Mickaël Vallet. Le précédent Premier ministre n'était pas de chez vous ?
Mme Marie-Pierre de La Gontrie. Vous étiez au pouvoir juste avant !
M. Antoine Armand, ministre. Le Gouvernement n'a aucune difficulté à assumer ses responsabilités, mais vous avez l'heur de lui en attribuer d'autres qui ne lui incombent pas.
Notre pays est à un moment clé pour l'avenir de son économie. Face aux difficultés industrielles, notamment au niveau international, nous devons sortir d'une forme de naïveté européenne, que vous avez décrite avec vos mots - nous ne pouvons qu'être d'accord avec vous. Nous sommes sous la pression américaine et asiatique, et nous devons faire face à des États et à des continents qui agissent avec une vitesse, une ampleur et un degré d'agressivité que l'Europe ne peut égaler à court terme.
Dans ce contexte, nous agissons en suivant une stratégie claire.
Cela passe par la mise en place de tarifs douaniers de 35 % pour stopper la concurrence déloyale exercée par certains pays asiatiques dans le secteur automobile, par le plan que nous lançons à l'échelon européen, sous l'autorité du Premier ministre, dans les secteurs de l'acier, de la sidérurgie et de l'automobile, afin de renforcer nos politiques sectorielles, et par les mesures de sauvegarde que nous sommes prêts à prendre pour préserver les industries - vous en avez cité certaines qui sont aujourd'hui menacées par la concurrence internationale.
Cela passe aussi par la stratégie nationale que nous élaborons, là encore sous l'autorité du Premier ministre, pour mieux financer l'industrie de demain : nous consacrons 1,5 milliard d'euros aux mesures de décarbonation pour permettre aux entreprises qui le souhaitent de développer de nouvelles capacités de production en France.
Cela passe enfin par le projet de livret d'épargne dédié à l'industrie, annoncé par le Premier ministre dans sa déclaration de politique générale, pour financer localement des emplois durables.
Je suis certain que nous pourrons compter sur votre assemblée dans le cadre du débat budgétaire qui vient de débuter. Mais, disons-le clairement, si des dizaines de milliards d'euros d'impôts supplémentaires sur les entreprises sont votés, il y aura malheureusement des conséquences ! (M. François Patriat applaudit.)
Mme Audrey Linkenheld. C'est scandaleux !
Mme la présidente. La parole est à M. Rémi Cardon, pour la réplique.
M. Rémi Cardon. Monsieur le ministre, ce que je retiens de votre semblant de réponse, c'est l'absence de vision, d'ambition et de plan d'action ! Bref, la réindustrialisation n'est pas pour demain !
Vous avez évoqué le fait que le Premier ministre venait d'être nommé. Regardons les chiffres de la balance commerciale : en 2017, elle était déficitaire de 62 milliards d'euros ; aujourd'hui, ce déficit est de 98 milliards d'euros. Ce n'était pas vous, peut-être, qui étiez au pouvoir entre-temps ? (Applaudissements sur des travées du groupe SER.)
Source : senat.fr ↗
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