Défense de la filière pêche
Posée le 23/01/2025 • Ministère interrogé : Transition écologique, biodiversité, forêt, mer et pêche
Annick Billon UC
Sénatrice — Vendée
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 12/02/2025
Mme Annick Billon. Madame la ministre, à l'heure où je vous parle, de nombreux pêcheurs sont empêchés de travailler dans le golfe de Gascogne, et ce jusqu'au 20 février.
Dans le sillage des bateaux qui restent au port - dans l'absence de sillage, devrais-je dire -, toute une filière est affectée : pêcheurs, mareyeurs, criée... Lorsqu'un pêcheur reste à quai, ce sont trois emplois indirects qui prennent l'eau et l'addition est salée.
Certes, votre ministère a annoncé une indemnisation de 20 millions d'euros pour la filière pêche et son aval, mais, comme cela a pu être constaté en 2024, il s'agit d'une réponse à court terme, alors qu'une interdiction de pêche a des effets sur le long terme. En effet, les importations palliant l'absence de pêche risquent de perdurer et de durcir les négociations commerciales avec les distributeurs. Du fait de l'absence de débarquement, les personnels des criées s'orientent vers d'autres métiers.
L'indemnisation colmate une fuite, mais la filière pêche continue de tanguer. Madame la ministre, comment le Gouvernement - désormais dépourvu de ministère de la pêche, celle-ci étant fondue dans l'écologie quand l'agriculture est associée à la souveraineté alimentaire... - entend-il, en cette année de la mer, mettre en place les outils nécessaires à la défense de la filière pêche ? Quelles actions entend-il mener pour s'opposer à de nouvelles fermetures du golfe de Gascogne ?
M. le président. La parole est à Mme la ministre.
Mme Agnès Pannier-Runacher, ministre de la transition écologique, de la biodiversité, de la forêt, de la mer et de la pêche. Madame la sénatrice Billon, le Président de la République et le Premier ministre m'ont confié ce nouveau portefeuille dans un esprit de cohérence avec nos ambitions en matière écologique, à la veille de la tenue en France de la troisième conférence des Nations unies sur l'océan, l'Unoc 3.
Cette décision a été prise pour deux raisons.
D'une part, mon portefeuille regroupe tous les leviers pour agir contre le dérèglement climatique. Ainsi, il intègre non seulement les leviers de décarbonation, mais aussi les deux grands puits de carbone que constituent la forêt et l'océan. C'est la première fois que mon ministère intègre les questions de pêche, mais c'est nécessaire pour atteindre nos objectifs.
D'autre part, l'écologie est devenue un enjeu de souveraineté. Cette dernière constitue d'ailleurs le fil rouge de nombreux portefeuilles ministériels. En matière écologique, ce qui est en jeu est l'accès à des matières premières et des ressources naturelles qui deviennent de plus en plus rares. Pour ce qui concerne la pêche, il s'agit notamment des poissons et des coquillages. Cette raréfaction suppose d'agir pour garantir notre souveraineté, notamment alimentaire.
De manière très concrète, les priorités de mon ministère sont les suivantes.
Premièrement, je défendrai évidemment les intérêts de la pêche française à l'échelle européenne dans le cadre des prochaines négociations sur le Brexit et de la révision de la politique commune de la pêche. Je l'ai signifié au commissaire Kóstas Kadís la semaine dernière.
Deuxièmement, la modernisation et la décarbonation de la flotte sont une condition clé de sa compétitivité et font également l'objet de négociations à l'échelle européenne.
Troisièmement, je souhaite fixer notre stratégie en finalisant le contrat stratégique de filière pêche d'ici à la tenue du salon de l'agriculture. Les différents leviers dont nous disposons y seront abordés : l'amont, c'est-à-dire la pêche, mais également l'aval, c'est-à-dire le mareyage et les criées, qui doivent être innovantes et renforcées.
M. le président. La parole est à Mme Annick Billon, pour la réplique.
Mme Annick Billon. Madame la ministre, je vous remercie de votre réponse.
Par indemnisations en aval, j'entendais notamment les taxes et redevances perçues par les criées au moment des débarquements, lesquelles varient énormément en fonction des espèces qui sont débarquées. Dans le même temps, les charges fixes, elles, demeurent. Les représentants de la criée des Sables-d'Olonne m'ont alertée sur les difficultés que cela entraîne pour les criées.
Nous aurons certainement l'occasion, madame la ministre, de travailler ensemble sur ce sujet à l'avenir.
Source : senat.fr ↗
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