Avenir des micro-crèches privées
Posée le 30/01/2025 • Ministère interrogé : Travail, santé, solidarités et familles
Laure Darcos Les Indépendants
Sénatrice — Essonne
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 19/03/2025
Mme Laure Darcos. Madame la ministre, depuis plusieurs semaines, l'inquiétude grandit au sujet de la réforme de la procédure d'autorisation des établissements d'accueil de jeunes enfants.
Dans le département dont je suis élue, l'Essonne, de nombreux gestionnaires de micro-crèches se mobilisent pour sauver leurs structures. Le déploiement du service public de la petite enfance ne saurait se faire au détriment de ces acteurs majeurs qui offrent des solutions de garde pertinentes pour les parents.
Or c'est bien vers une régulation excessive du secteur que l'on se dirige, alors qu'il faut créer 200 000 nouvelles places d'accueil pour répondre aux besoins des familles et que nous manquons dramatiquement de professionnels de la petite enfance.
Je ne méconnais pas la nécessité que chaque structure dispose de salariés compétents, possédant une formation avérée en matière de prise en charge du jeune enfant. Nul ne songerait d'ailleurs à confier son enfant à une personne n'ayant aucune expérience en la matière. Mais, de grâce, ne prenez pas des mesures aussi brutales !
Il est impensable de renforcer la formation des professionnels en poste dans les délais aussi brefs. Je ne suis pas certaine que la date du 1er septembre 2026 fixée pour le recrutement des futurs professionnels qualifiés soit parfaitement adaptée.
De même, il me semble incompréhensible que les salariés de nos micro-crèches ne puissent évoluer professionnellement au moyen de la validation des acquis de l'expérience si leurs compétences et leurs expériences sont indéniables.
Madame la ministre, toute réforme doit faire l'objet d'une concertation approfondie pour être acceptée. Au regard des difficultés du secteur, il est indispensable de parvenir à un consensus sur les mesures à prendre afin de renforcer la qualité de l'accueil des jeunes enfants et d'améliorer les conditions de travail et de formation des professionnels.
Aussi ma question est-elle la suivante : le Gouvernement est-il prêt à retarder quelque peu cette réforme afin de prendre le temps d'élaborer des solutions pertinentes pour les familles et les salariés et économiquement viables pour les micro-crèches ?
M. le président. La parole est à Mme la ministre déléguée.
Mme Charlotte Parmentier-Lecocq, ministre déléguée auprès de la ministre du travail, de la santé, de la solidarité et des familles, chargée de l'autonomie et du handicap. Madame la sénatrice, permettez-moi de vous répondre au nom de Mme la ministre Catherine Vautrin.
Le projet de décret que vous mentionnez est fondamental pour assurer la qualité de l'accueil des jeunes enfants. De nombreuses informations erronées le concernant ont circulé et il faut être très clair à son propos.
Ce projet de décret, qui vient d'être examiné par le Conseil d'État, a pour objet d'aligner les normes d'encadrement des micro-crèches sur celles des crèches classiques de taille similaire, les petites crèches.
Les micro-crèches devront compter au moins un professionnel de catégorie 1, et prévoir l'accueil de trois enfants ou moins par professionnel. Par ailleurs, un directeur ne pourra exercer des fonctions de direction que pour deux établissements au maximum.
Toutefois, ce décret n'entrera en vigueur qu'à compter du 1er septembre 2026. Les auxiliaires de puériculture ou tout autre professionnel occupant le poste de référent technique avant cette date pourront être maintenus sur leurs postes.
Tous les titulaires d'un CAP présents dans les crèches n'auront pas à acquérir le diplôme d'État d'auxiliaire de puériculture et pourront continuer d'exercer. En effet, de nombreuses crèches disposent déjà d'un directeur pour deux structures et comptent 40 % de personnel de catégorie 1.
Ces mesures sont essentielles pour respecter les besoins des enfants, qui sont les mêmes dans les micro-crèches que dans les petites crèches classiques. Il n'y a aucune raison que les conditions d'encadrement diffèrent.
L'État n'abandonne pas les micro-crèches. Il finance ces établissements, notamment par le versement aux parents du complément mode de garde.
En ce qui concerne les micro-crèches subventionnées par la prestation d'accueil du jeune enfant (Paje), j'appelle votre attention sur le fait que le prix de revient moyen reste à ce jour inférieur au plafond de 10 euros par heure.
Enfin, pour reconnaître l'engagement des professionnels et renforcer l'attractivité des métiers, le Gouvernement entend faciliter l'accès au diplôme d'État d'auxiliaire de puériculture ou tout autre diplôme appartenant à la catégorie 1, par voie de validation des acquis de l'expérience (VAE).
Le Gouvernement est donc pleinement mobilisé pour accompagner ce changement conduit en faveur de nos enfants.
M. le président. La parole est à Mme Laure Darcos, pour la réplique.
Mme Laure Darcos. Madame la ministre, au-delà des micro-crèches, c'est l'ensemble du secteur de la petite enfance - crèches privées, crèches d'entreprises, crèches publiques, crèches associatives - qui est en crise. La création de berceaux ne suffira pas à compenser la baisse du nombre d'assistantes maternelles.
J'espère que Mme El Haïry, nouvellement nommée, se saisira très rapidement de cette question.
Source : senat.fr ↗
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