Traité international pour la protection de la haute mer et de la biodiversité marine
Posée le 20/03/2025 • Ministère interrogé : Transition écologique, biodiversité, forêt, mer et pêche
André Guiol RDSE
Sénateur — Var
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 20/03/2025
Mme Agnès Pannier-Runacher, ministre de la transition écologique, de la biodiversité, de la forêt, de la mer et de la pêche. Monsieur le sénateur Guiol, je vous remercie de me donner l'occasion de m'exprimer sur ce fameux traité BBNJ (Marine Biodiversity of Areas beyond National Jurisdiction).
Je connais votre engagement sur ce sujet important : vous avez en effet été le rapporteur, au Sénat, du projet de loi autorisant la ratification dudit accord.
Cet accord sur la conservation et l'utilisation durable de la diversité biologique marine des zones ne relevant pas d'une juridiction nationale est essentiel pour la protection de notre environnement. C'est en effet le premier accord à porter sur la haute mer, espace quasiment de non-droit, puisque, en dépit de la convention de Montego Bay de 1982, rien n'y est interdit aujourd'hui, sinon la piraterie. Et encore faut-il pouvoir maîtriser cette dernière...
La mer est pourtant notre principal puits de carbone. Elle absorbe près de 30 % du CO2 que nous émettons et capte plus de 90 % de la chaleur liée au réchauffement climatique. Sans elle, le dérèglement climatique se serait emballé depuis bien longtemps.
La mer nourrit également une très large partie de l'humanité. La protéger, c'est aussi assurer la sécurité alimentaire de demain, fixer les populations sur leurs territoires et éviter des migrations problématiques.
C'est un réservoir unique d'espèces, un patrimoine génétique encore méconnu, qui peut être source d'innombrables innovations médicales.
La mer, c'est un poumon bleu, c'est un garde-manger et un trésor scientifique.
Il était donc plus qu'urgent de protéger la haute mer. Tel est donc l'objet du traité BBNJ, qui a fait l'objet de six années de négociations difficiles à l'ONU. Grâce à la mobilisation du Président de la République et de la France, celui-ci a déjà été signé par 112 États en 2023.
Comme vous l'avez dit, nous en sommes désormais à la phase de ratification. Mon collègue Jean-Noël Barrot et moi-même ne nous épargnons aucun effort pour faire en sorte que l'ensemble des pays signataires ratifient ce traité afin de le rendre opérationnel. Dans la perspective de la conférence des Nations unies sur l'océan, que nous allons accueillir,...
M. le président. Il faut conclure !
Mme Agnès Pannier-Runacher, ministre. ... il nous paraît en effet essentiel de promouvoir cette vision exigeante de la protection de la biodiversité en haute mer. (Applaudissements sur des travées du groupe RDPI.)
Source : senat.fr ↗
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