Assassinat de Hichem Miraoui
Posée le 05/06/2025 • Ministère interrogé : Intérieur
André Guiol RDSE
Sénateur — Var
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 05/06/2025
M. Bruno Retailleau, ministre d'État, ministre de l'intérieur. Monsieur le sénateur, ce crime est, bien évidemment, beaucoup plus qu'un simple crime ; c'est un drame, une tragédie. Au moment où je vous réponds, j'ai une nouvelle pensée pour la victime, pour ses proches, pour sa famille, mais aussi pour la communauté tunisienne en France. J'ai d'ailleurs appelé dès lundi dernier mon homologue tunisien et je me suis rendu, le matin suivant, à l'ambassade de Tunisie afin de témoigner de notre soutien et d'exprimer la plus profonde désapprobation de l'ensemble du Gouvernement à l'égard de cet acte, de ce crime.
Ce crime, vous l'avez très bien décrit, était non seulement prémédité, mais il était également signé.
Il était d'abord prémédité, parce qu'il a été - on le voit bien au fur et à mesure que les informations sont révélées - minutieusement préparé.
Mais il était également signé. Il s'agit d'abord d'un crime raciste. On le voit dans les deux vidéos disponibles, celle qui a été tournée avant le crime et postée sur Facebook, et celle qui a été tournée après.
Il s'agit sans doute aussi d'un crime antimusulman ; je dis « sans doute » parce que c'est à l'autorité judiciaire, au parquet national antiterroriste (Pnat), qui s'est saisi de l'affaire, de faire tout l'éclairage sur cet acte, de le documenter.
Il s'agit probablement encore d'un crime à dimension terroriste, puisque - je le disais - le Pnat s'est saisi, et que la direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) et la sous-direction antiterroriste (Sdat) sont chargées de l'enquête.
Enfin, permettez-moi d'ajouter une quatrième qualification : quand on prend connaissance au fil des jours des différentes informations qui nous sont transmises, on constate aussi qu'il s'agit d'un crime dont l'idéologie s'enracine dans l'ultradroite radicale, comme me l'a dit le procureur national.
C'est par conséquent un crime odieux, qui doit être sanctionné avec la plus extrême fermeté. Oui, je l'ai dit - vous m'avez cité -, et je le répète devant vous, le racisme est un poison, un poison qui peut tuer. Vous avez parlé de la France et de la République.
Mme la présidente. Il faut conclure, monsieur le ministre d'État.
M. Bruno Retailleau, ministre d'État. Selon moi, tout acte raciste est un acte anti-français, parce que la République ne connaît ni la couleur de la peau, ni l'origine, ni la religion. (Applaudissements sur les travées des groupes Les Républicains, UC, RDSE, RDPI et INDEP. - MM. Jérôme Durain et Rachid Temal applaudissent également.)
Source : senat.fr ↗
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