Question écrite ✓ Répondue #10#

Nécessité d'harmoniser la réglementation applicable aux distilleries artisanales avec celle en vigueur pour les brasseurs et les vignerons

Posée le 06/03/2025 • Ministère interrogé : Économie, finances, souveraineté industrielle et numérique

Laurent Burgoa

Laurent Burgoa Les Républicains

Sénateur — Gard

La question

M. Laurent Burgoa attire l'attention de M. le ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique sur la nécessité d'harmoniser la réglementation applicable aux distilleries artisanales avec celle en vigueur pour les brasseurs et les vignerons. Depuis le 1er juillet 1979, la loi autorise les producteurs de vin récoltants à vendre leur production directement aux consommateurs sans obligation de détenir une licence. En revanche, cette exemption ne s'applique pas aux producteurs de spiritueux. Cette distinction crée une inégalité qui freine le développement des distilleries artisanales, alors même qu'elles participent pleinement à la valorisation du patrimoine culturel et agricole français. Les distilleries artisanales jouent un rôle essentiel dans la transmission d'un savoir-faire ancestral et dans l'essor du tourisme rural. La possibilité pour ces producteurs de vendre directement leurs spiritueux sur leur site de production favoriserait les circuits courts, encouragerait une consommation responsable et dynamiserait l'économie locale. Aussi, il souhaite savoir si le Gouvernement envisage de modifier l'article 502 du ode général des impôts en ajoutant, après le mot : « récolte », les mots : « ou de spiritueux issus de sa production », afin de permettre aux distillateurs de vendre directement leurs produits sans obligation de licence, au même titre que les brasseurs et les vignerons. Cette mesure constituerait un levier fort pour soutenir ces artisans, renforcer l'attractivité des territoires ruraux et promouvoir un modèle économique fondé sur la qualité et la proximité.

✓ Réponse du gouvernement

Le Gouvernement est particulièrement attentif à la situation économique des débits de boissons en France, dont le nombre a été divisé par 6 entre 1960 et aujourd'hui, et plus largement de l'ensemble de la filière française de production d'alcool. En effet, ces acteurs rencontrent de nombreuses difficultés, marquées notamment par la disparition progressive des débits de boissons en ruralité, la diminution structurelle de la consommation d'alcool et les tensions commerciales internationales.

Dans ce contexte, plusieurs mesures de soutien à l'activité des producteurs français d'alcool, en particulier de spiritueux, et des débitants de boissons, ont fait l'objet de débats à l'occasion de l'examen par le Parlement du projet de loi de simplification de la vie économique, avec le soutien du Gouvernement. Toutefois, ces dispositions ne figurent pas dans la loi de simplification promulguée en mai 2026.

Par conséquent, le Gouvernement travaille désormais à l'identification du meilleur véhicule législatif possible pour porter cette ambition de revitalisation des centres-bourgs et soutenir la diversification d'activité des producteurs d'alcool. Le cas échéant, le Gouvernement sera particulièrement attentif à ce que les mesures qui pourraient être adoptées produisent pleinement leurs effets sur le terrain, au bénéfice des élus locaux, des porteurs de projets et, in fine suppriment les irritants du quotidien qui pèsent sur la compétitivité des entreprises.

Source : senat.fr ↗

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