Financement apporté par la France au budget de programme de l'UNRWA
Posée le 06/03/2025 • Ministère interrogé : Europe et affaires étrangères
Raymonde Poncet Monge GEST
Sénatrice — Rhône
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 19/03/2025
Mme Raymonde Poncet Monge. Au préalable, je veux dire que mes pensées et ma compassion vont aux habitants de Gaza, où plus de 400 personnes ont été tuées cette nuit par des bombardements israéliens, lesquels ont marqué la rupture du cessez-le-feu.
C'est dans ce contexte dramatique que je pose une question sur l'Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA) qui permet de mener des actions vitales auprès de cette population palestinienne.
La France a récemment annoncé attribuer 20 millions d'euros au budget de programme de l'UNRWA. Il s'agit d'une contribution bienvenue et appréciée qui mérite d'être poursuivie.
Malgré l'entrée en vigueur des lois votées par la Knesset et les graves décisions israéliennes, l'UNRWA demeure un acteur humanitaire de premier ordre dans un contexte où la suspension de l'aide américaine nuit gravement au financement de ses actions.
Devant le Conseil de sécurité de l'ONU, ce 28 janvier, son commissaire général a appelé les États membres à veiller à ce qu'une crise financière ne mette pas brutalement fin aux activités vitales de l'UNRWA.
Le budget de programme, soit un des deux fonds de l'UNRWA, le second étant dévolu aux opérations d'urgence, est alloué au fonctionnement général des services dont dépend sa pérennité. Il finance les actions de développement telles que la santé, les services sociaux et l'éducation pour un demi-million de filles et de garçons au Proche-Orient, ainsi que les salaires des employés de l'UNRWA.
La France a rappelé que l'Office joue un rôle humanitaire essentiel et lui a affirmé son soutien.
Madame la ministre, j'ai deux questions. Premièrement, eu égard à la diminution du budget de l'UNRWA, alors que le montant des besoins explose, la France compte-t-elle maintenir comme une priorité les financements à l'Office ? Deuxièmement, la France prévoit-elle de sanctuariser les fonds qu'elle a alloués au budget de programme de l'UNRWA, celui dont dépend la pérennité de ses missions ?
M. le président. La parole est à Mme la ministre.
Mme Agnès Pannier-Runacher, ministre de la transition écologique, de la biodiversité, de la forêt, de la mer et de la pêche. Madame la sénatrice Poncet Monge, mon collègue Jean-Noël Barrot partage totalement votre préoccupation. Depuis plus de soixante-dix ans, l'UNRWA joue un rôle incontournable dans la fourniture des biens et services essentiels aux réfugiés palestiniens en Cisjordanie, à Jérusalem-Est et à Gaza, et dans les pays qui les accueillent - Liban, Jordanie et Syrie.
L'UNRWA est en première ligne pour porter secours à la population civile de Gaza. Elle l'est toujours depuis l'entrée en vigueur du cessez-le-feu, que nous avons appelé de nos voeux et soutenu. Nous rendons hommage aux travailleurs humanitaires et aux personnels de l'UNRWA décédés dans l'exercice de leurs fonctions.
Le soutien de la France est notamment financier. Ces deux dernières années, nous avons ainsi soutenu l'UNRWA à hauteur de 96 millions d'euros. Lors de la conférence humanitaire internationale pour la population civile de Gaza, organisée au Caire le 2 décembre dernier, le ministre de l'Europe et des affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a annoncé une nouvelle contribution de 50 millions d'euros pour la population de Gaza en 2025, dont 20 millions d'euros pour l'UNRWA.
Face à l'urgence, le ministre a annoncé vouloir que cette contribution puisse être décaissée dans les meilleurs délais. Ces 20 millions d'euros permettront à l'UNRWA de continuer à fonctionner.
La France continue de suivre les efforts de réforme de l'UNRWA. Ils doivent se poursuivre par la mise en oeuvre complète et effective des recommandations du rapport indépendant coordonné par Catherine Colonna. Cette réforme doit garantir le respect de la neutralité du personnel, des manuels scolaires et des installations de l'UNRWA, laquelle est indispensable et exigible de tout acteur humanitaire.
Nous resterons naturellement vigilants sur ce point.
La législation israélienne visant l'UNRWA est entrée en vigueur le 30 janvier dernier. En lien avec nos partenaires, nous avons demandé à Israël de préserver l'action indispensable de l'Office et de respecter ses obligations internationales. Nous l'avons appelé à coopérer avec ses partenaires internationaux, en premier lieu les Nations unies, afin d'assurer la continuité des opérations humanitaires et de garantir l'acheminement massif, rapide, sûr et sans entrave de l'aide humanitaire, ainsi que la fourniture des biens et services essentiels à la population civile.
M. le président. La parole est à Mme Raymonde Poncet Monge, pour la réplique.
Mme Raymonde Poncet Monge. Il faut tout simplement appliquer le droit international à Gaza. Je le rappelle, l'acheminement des denrées alimentaires a été stoppé voilà quelques jours, avant même le bombardement de cette nuit, de même que l'électricité a été coupée, empêchant ainsi l'accès à l'eau. Il est donc temps que la France réagisse fermement contre ces trois derniers événements.
Source : senat.fr ↗
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