Baisse du tarif de rachat de l'énergie solaire photovoltaïque et impact sur les collectivités et les agriculteurs
Posée le 06/03/2025 • Ministère interrogé : Industrie et énergie
Alain Duffourg UC
Sénateur — Gers
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 26/03/2025
M. Alain Duffourg. Ma question, comme celle de mon collègue Stéphane Demilly, porte sur la baisse du tarif de l'électricité solaire pour le segment S21.
Dans le département dont je suis élu, le Gers, comme dans de nombreux départements français, les agriculteurs ont investi dans le photovoltaïque. Dans le Gers, 80 % des agriculteurs ont fait ce choix, si bien que la baisse du tarif de rachat bonifié de l'énergie solaire affecterait 300 exploitations.
Il s'agit pourtant d'un investissement tout à fait raisonnable et écologique, puisque l'énergie consommée est produite sur place, sans coût de transport.
Vous n'avez répondu que partiellement à mon collègue Demilly, madame la ministre. Le Gouvernement entend-il revenir en arrière et mener des discussions avec les organisations syndicales, les chambres d'agriculture et l'ensemble des acteurs institutionnels ?
La loi du 24 mars 2025 d'orientation pour la souveraineté alimentaire et le renouvellement des générations en agriculture n'a pas donné entière satisfaction aux syndicats, qui présentaient pourtant des revendications légitimes, si bien que le malaise agricole demeure.
Par le passé, les gouvernements successifs ont eu affaire à des syndicats que je qualifierais de « connivents » ; or de nombreuses chambres d'agriculture, notamment dans le Gers, sont désormais gérées par la Coordination rurale, un syndicat de rupture puissant et revendicatif.
Si satisfaction n'est pas donnée aux revendications de cet organisme, notamment en matière d'électricité solaire, des actions nombreuses pourraient être menées.
M. le président. La parole est à Mme la ministre.
Mme Amélie de Montchalin, ministre auprès du ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, chargée des comptes publics. Monsieur le sénateur Duffourg, vous m'alertez à votre tour sur les inquiétudes suscitées au sein de la filière agricole par les modifications récentes du tarif de rachat bonifié de l'énergie solaire pour les installations de moins de 500 kilowatts-crête. Comme je viens de l'indiquer, le Gouvernement est pleinement conscient des incidences de cette modification sur plusieurs filières.
Pour un certain nombre d'acteurs gersois, dont vous vous faites l'écho, monsieur le sénateur, le photovoltaïque non seulement joue un rôle central dans le cadre la transition énergétique, mais constitue aussi un complément de revenu d'autant plus nécessaire que les agriculteurs font face à de fortes incertitudes climatiques.
Le Gouvernement nourrit de grandes ambitions en matière de photovoltaïque. Le Pacte solaire est toujours sur la table. Nous sommes par ailleurs conscients de la nécessité, pour les agriculteurs, de disposer d'une plus grande visibilité.
Comme je l'ai indiqué, un Conseil supérieur de l'énergie s'est tenu le 6 mars dernier. Nous sommes en train d'apporter des modifications au projet d'arrêté. Nous travaillons en particulier à un projet d'appel d'offres simplifié qui aura vocation à réguler les volumes sur le segment 100-500 kilowatts-crête tout en préservant le soutien adapté à la filière.
Les réformes qui sont envisagées doivent nous permettre de trouver un équilibre entre le coût de ce tarif de rachat bonifié pour le contribuable, qui doit être maîtrisé, et la compétitivité du photovoltaïque. Je rappelle du reste que les conditions tarifaires de tous les usagers ayant déjà installé des panneaux resteront inchangées. L'absence de rétroactivité de la réforme est un objectif que nous devons être capables de tenir collectivement.
En tout état de cause, nous avons pris en compte les préoccupations des collectivités, des syndicats d'énergie et des agriculteurs.
J'ajoute qu'un arrêté sera prochainement pris afin de soutenir les petits projets photovoltaïques au sol. Ce dispositif, très attendu par le monde agricole, permettra de valoriser des friches ou des terrains qui ne sont pas très propices à l'agriculture.
Monsieur le sénateur, soyez assuré que le Gouvernement est pleinement conscient de la nécessité de garantir aux agriculteurs un cadre stable et prévisible. Nous continuerons d'accompagner la filière, tout en veillant à ce que ce soutien soit cohérent avec nos besoins énergétiques et nos ressources collectives.
Source : senat.fr ↗
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