Difficultés des élus locaux face aux implantations d'antennes 5G
Posée le 27/03/2025 • Ministère interrogé : Ruralité
Didier Rambaud RDPI
Sénateur — Isère
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 09/04/2025
M. Didier Rambaud. Madame la ministre, depuis plusieurs mois, je suis alerté par des maires : ils rencontrent des difficultés lors de l'implantation d'antennes-relais 5G, qui seraient causées par la réglementation encadrant ces installations.
En premier lieu, selon l'article R. 421-9 du code de l'urbanisme, l'installation d'un mât ou d'une antenne par les opérateurs ou les sociétés spécialisées dans la gestion de ces infrastructures, les tower companies (TowerCo), doivent faire l'objet d'une déclaration préalable. L'instruction de cette demande repose uniquement sur les documents exigés dans le règlement d'urbanisme en vigueur, les opérateurs n'ayant pas l'obligation de fournir d'autres éléments d'information à la commune.
En second lieu, l'arrêté du 12 octobre 2016 pris en application de l'article L. 34-9-1 du code des postes et des communications électroniques impose aux opérateurs de téléphonie mobile de transmettre un dossier d'information mairie (DIM) à la collectivité concernée. L'objectif est d'informer la municipalité du projet d'installation et de faciliter ainsi l'instauration d'un dialogue entre les élus et les habitants de la commune.
Toutefois, l'autorisation d'urbanisme n'étant pas conditionnée au dépôt du dossier d'information mairie, une déclaration préalable de travaux peut être acceptée quand bien même la mairie n'aurait pas encore eu connaissance du projet d'implantation. Aussi, découvrant ce projet au dernier moment, les élus ne sont plus en mesure d'informer et de consulter leurs administrés dans de bonnes conditions, créant ainsi incompréhension et frustration de part et d'autre. Pourtant, le développement du réseau mobile reste un enjeu majeur dans les zones rurales.
Madame la ministre, dans un contexte où les maires ont besoin de retrouver de la capacité d'action, ne faudrait-il pas envisager une harmonisation de la réglementation, par exemple en rendant obligatoire la prise en compte du dossier d'information mairie dans l'instruction des demandes d'urbanisme ou en instaurant un délai minimum entre la transmission de ce document et le dépôt de la demande ?
M. le président. La parole est à Mme la ministre.
Mme Amélie de Montchalin, ministre auprès du ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, chargée des comptes publics. Monsieur le sénateur, vous interrogez M. le ministre Ferracci sur les difficultés que rencontrent les élus locaux lors de l'implantation d'antennes-relais : ils ont le sentiment d'être dépossédés de leur pouvoir de police et l'information de la population est problématique.
Différentes réglementations, visant chacune des objectifs différents, sont mises en oeuvre pour l'accueil d'antennes-relais. Si elles donnent une apparence de complexité, j'y vois le gage d'une implantation raisonnable et raisonnée.
Tout d'abord, le code de l'urbanisme définit les règles applicables aux constructions et donne compétence au maire en matière d'autorisation d'urbanisme.
Ensuite, le code des postes et des communications électroniques confie au ministre chargé des communications électroniques, à l'Autorité de régulation des communications électroniques, des postes et de la distribution de la presse (Arcep) et à l'Agence nationale des fréquences (ANFR) le soin de déterminer les modalités d'implantation des antennes sur l'ensemble du territoire.
La procédure dite du dossier d'information mairie a pour seul objet l'information de la population. Il est extrêmement important aussi que nous vérifiions la conformité de l'antenne aux valeurs limites d'exposition du public aux ondes et l'absence de brouillage préjudiciable aux autres utilisateurs, ce que vérifie l'ANFR.
Je vous rassure, monsieur le sénateur, il n'y a ni incohérence de la réglementation ni dépossession des maires de leur pouvoir de police. Le processus est garant du respect des valeurs d'exposition du public aux ondes. Nos concitoyens peuvent être rassurés sur ce point.
Toutefois, certaines difficultés sont remontées par les élus locaux. C'est d'ailleurs pour cela que le Gouvernement avait proposé dans la version initiale du projet de loi de simplification de la vie économique un droit pour les maires de ne pas revenir sur une décision favorable ou de non-opposition à l'implantation d'une antenne-relais. La Haute Assemblée a souhaité supprimer cette disposition, que l'Assemblée nationale a réintroduite en commission.
En ce qui concerne le dépôt du dossier d'information mairie, je comprends que le délai d'un mois est insuffisant et que les opérateurs sollicitent fréquemment un délai plus court. Je suis pour ma part très attachée à ce que tant les élus locaux que la population soient informés dans de bonnes conditions, gage d'acceptabilité et de meilleure couverture numérique du territoire.
Monsieur le sénateur, si des difficultés locales continuent d'être portées à votre connaissance dans votre département, le cabinet de M. le ministre Ferracci se tient à votre disposition pour examiner la manière d'accompagner au mieux les projets, pour une meilleure connexion de nos territoires et pour une meilleure acceptabilité de ces projets.
Source : senat.fr ↗
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