Relations franco-algériennes
Posée le 01/05/2025 • Ministère interrogé : Europe et affaires étrangères
Pascal Allizard Les Républicains
Sénateur — Calvados
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 01/05/2025
M. Benjamin Haddad, ministre délégué auprès du ministre de l'Europe et des affaires étrangères, chargé de l'Europe. Monsieur le sénateur Allizard, je vous remercie de votre question. Vous le savez, sur ce sujet comme sur tant d'autres, notre seule boussole est la défense des intérêts de la France et des Français.
Nous avons souhaité avoir un dialogue exigeant avec l'Algérie, un partenariat d'égal à égal, pour défendre nos intérêts, c'est-à-dire pour faire en sorte que l'Algérie respecte ses engagements au regard du droit international et reprenne ses ressortissants expulsés, pour rétablir une coopération dans les domaines de la défense, de la sécurité ou encore du renseignement et, bien sûr, pour obtenir la libération de notre compatriote, l'écrivain Boualem Sansal, injustement condamné et emprisonné aujourd'hui en Algérie.
Tel était le sens de l'échange téléphonique entre le Président de la République et le président Tebboune. Tel était aussi, bien entendu, le sens de la visite du ministre des affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, à Alger.
Mais, pour nouer un dialogue, il faut être deux. Notre justice, qui est indépendante, a pris la décision - vous l'avez rappelé, monsieur le sénateur - d'arrêter des ressortissants algériens en raison de leurs activités en France. En réponse, l'Algérie a réagi de façon totalement disproportionnée, injustifiée et brutale en choisissant d'expulser douze de nos ressortissants, douze agents auxquels je tiens d'ailleurs à rendre hommage ici. En réplique, la réponse de la France a été extrêmement ferme : nous avons expulsé douze diplomates algériens et rappelé notre ambassadeur.
Sur ce sujet, notre position est très claire. Si l'Algérie décide de reprendre le dialogue et si nous pouvons défendre ensemble nos intérêts, nous y sommes ouverts. Mais si l'Algérie fait le choix d'une relation dégradée, de l'escalade et de la crise, nous saurons y répondre ; nous disposons d'une palette d'outils pour assumer un éventuel rapport de force et nous défendre. (M. François Patriat applaudit.)
M. le président. La parole est à M. Pascal Allizard, pour la réplique.
M. Pascal Allizard. Monsieur le ministre, merci de votre réponse, un peu incomplète cependant, puisque vous ne m'avez pas répondu sur l'accord de 1968. J'en prends acte.
Je souhaite rappeler - car c'est un de nos points de désaccord avec l'Algérie - que le rapprochement entre Paris et Rabat sur la question du Sahara occidental n'est qu'un prétexte, dans la mesure où celui-ci est davantage la conséquence qu'une cause de la dégradation de nos relations et qu'il s'inscrit dans un plus vaste mouvement international.
Je note aussi que l'Algérie est un partenaire important de la Russie en Méditerranée. Elle pourrait le devenir davantage encore en raison de la perte d'influence russe au Levant. En Afrique francophone, la Russie a déjà montré son savoir-faire, et, à chaque fois, l'Algérie n'était pas très loin...
Monsieur le ministre, compte tenu de l'attitude de plus en plus exigeante et intransigeante d'Alger, des actions menées sur notre territoire, d'un contexte international qui repose trop souvent sur les rapports de force,...
M. le président. Il faut conclure !
M. Pascal Allizard. ... le temps est vraiment venu de faire passer des messages politiques sans ambiguïté. (Applaudissements sur les travées du groupe Les Républicains. - Mme Évelyne Perrot applaudit également.)
Source : senat.fr ↗
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