Conditions d'adoption de la proposition de loi réformant le mode d'élection à Paris, Lyon et Marseille
Posée le 05/06/2025 • Ministère interrogé : Premier ministre
Ian Brossat CRCE-K
Sénateur — Paris
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 05/06/2025
M. Patrick Mignola, ministre délégué auprès du Premier ministre, chargé des relations avec le Parlement. Monsieur le sénateur Brossat, il est possible d'être en désaccord - je l'ai rappelé hier - sans pour autant caricaturer les positions des uns et des autres !
Depuis que ce gouvernement est arrivé aux responsabilités, voilà quelques mois, on a entendu beaucoup de propos susceptibles de bousculer nos institutions. J'ai entendu parfois, sur les bancs de l'Assemblée nationale - heureusement, tel n'est pas le cas au Sénat -, assimiler certains usages de l'article 49.3 à des coups d'État et certaines motions de rejet préalable à des « 49.3 parlementaires ».
M. Pascal Savoldelli. Ce n'est pas la question !
M. Patrick Mignola, ministre délégué. Et, désormais, j'entends que convoquer une commission mixte paritaire (CMP) sur la proposition de loi réformant le mode d'élection à Paris, Lyon et Marseille serait un coup de force ! Tel n'est pas le cas. Une CMP, c'est précisément le lieu du compromis et du consensus, ce même compromis et ce même consensus qu'en l'espèce - vous l'avez rappelé à raison - le Premier ministre appelait de ses voeux.
M. Marc-Philippe Daubresse. Il y a des sincérités successives...
M. Patrick Mignola, ministre délégué. Imaginons un instant qu'un texte soit largement adopté au Sénat, puis soit rejeté à l'Assemblée nationale.
M. Pascal Savoldelli. On n'est pas sur Netflix !
M. Patrick Mignola, ministre délégué. Pourrait-on concevoir que les députés demandent que la CMP ne soit pas convoquée ? D'ailleurs, il n'y a même pas besoin d'imaginer un tel scénario : c'est ce qui s'est passé sur la proposition de loi visant à lever les contraintes à l'exercice du métier d'agriculteur des sénateurs Duplomb et Menonville. (Mme Marie-Pierre de La Gontrie s'exclame.) Et le Gouvernement va bel et bien convoquer, sur ce texte, une CMP.
Pour ce qui est du texte à propos duquel vous m'interrogez, l'Assemblée nationale comme le Sénat ont parfaitement identifié les sujets qui pouvaient faire l'objet de débats : la question de la prime majoritaire ; le cas spécifique de Lyon ; l'élection des conseillers métropolitains ; la désignation des grands électeurs de ces trois villes. (M. François Bonhomme s'exclame.)
Mme Marie-Claire Carrère-Gée. Pas du tout !
M. Patrick Mignola, ministre délégué. C'est en CMP - nous l'espérons - que pourra être trouvé le chemin d'un compromis. (Applaudissements sur les travées du groupe RDPI. - Mme Cécile Cukierman proteste.)
Mme la présidente. La parole est à M. Ian Brossat, pour la réplique.
M. Ian Brossat. Monsieur le ministre, vous disiez, soutenant ce texte, qu'il s'agissait de lutter contre une forme d'anomalie démocratique.
L'anomalie démocratique, ce n'est pas le mode de scrutin à Paris, Lyon et Marseille.
L'anomalie démocratique, c'est de vouloir imposer un tel texte, qui concerne les territoires, sans la chambre des territoires, contre la chambre des territoires et contre les élus concernés ! (Bravo ! et applaudissements sur les travées des groupes CRCE-K, SER, GEST et Les Républicains, ainsi que sur des travées des groupes UC et INDEP.)
Source : senat.fr ↗
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