Bilan des moyens humains de surveillance du volcan Fani Maoré
Posée le 11/09/2025 • Ministère interrogé : Enseignement supérieur et recherche
Saïd Omar Oili SER
Sénateur — Mayotte
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 21/01/2026
Mme la présidente. La parole est à M. Saïd Omar Oili, auteur de la question n° 706, adressée à M. le ministre de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'espace.
M. Saïd Omar Oili. Monsieur le ministre, l'émergence du volcan sous-marin Fani Maoré, situé à 70 kilomètres de Mayotte, a constitué en 2018 un phénomène exceptionnel pour la communauté scientifique. Votre ministère avait en conséquence déployé des moyens humains d'ampleur, chargés d'une double mission de recherche scientifique et de surveillance.
Ces déploiements revêtent une importance particulière pour la protection de la population. C'est pourquoi je souhaite connaître le nombre de postes concernés, leurs missions et leurs lieux d'affectation de 2019 à 2025.
Au-delà des moyens humains, il importe également de consentir des investissements financiers correspondants pour le matériel de surveillance en mer, au travers notamment du projet Marmor, qui comporte un programme très innovant pour une observation en temps réel du volcan sous-marin.
Mme la présidente. La parole est à M. le ministre.
M. Philippe Baptiste, ministre de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'espace. Monsieur le sénateur, tous les moyens de mon ministère sont mobilisés pour assurer la surveillance et l'analyse scientifique de l'activité volcanique à Mayotte, et en particulier du volcan sous-marin Fani Maoré.
Cette surveillance est assurée dans le cadre du réseau de surveillance volcanologique et sismologique de Mayotte (Revosima). Celui-ci regroupe plusieurs établissements, notamment l'Institut de physique du globe de Paris (IPGP), le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM), et l'Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer (Ifremer).
Sur la période 2019-2021, 1 million d'euros ont été consacrés chaque année, sur le budget du ministère, au financement des personnels chargés de la surveillance ; s'y ajoutent des personnels du BRGM et de l'IPGP affectés partiellement ou totalement à cette mission. En 2026, douze personnes sont chargées d'assurer la veille et la surveillance sismovolcanique de Mayotte.
Le Revosima est cofinancé par le ministère de la transition écologique et celui des outre-mer. Son budget annuel total a varié entre 2,5 millions d'euros et 3,9 millions d'euros entre 2019 et 2024.
Enfin, les différents acteurs impliqués - l'Ifremer, le BRGM, l'IPGP, mais également le Centre national de la recherche scientifique (CNRS) - se sont récemment associés dans le cadre du projet Marmor, qui est financé par l'Agence nationale de la recherche (ANR) à hauteur de 15 millions d'euros pour huit ans. Ce projet, validé par l'ANR à la fin de l'année 2025, permettra de renforcer les capacités de surveillance sismologique en continu et en temps réel à Mayotte, en y déployant notamment une infrastructure de fibre optique pour la mesure et la surveillance sismologiques.
Mme la présidente. La parole est à M. Saïd Omar Oili, pour la réplique.
M. Saïd Omar Oili. Monsieur le ministre, aux termes du rapport annexé à la loi du 11 août 2025 de programmation pour la refondation de Mayotte, l'État s'engage à soutenir la réalisation des campagnes scientifiques et la mise en service des outils de surveillance et de prévision de Fani Maoré.
Cela requiert des moyens humains, des personnes présentes sur place, à Mayotte. Or les personnels en question sont le plus souvent à La Réunion ; c'est depuis ce territoire que s'effectue la surveillance du volcan, qui est pourtant à proximité immédiate de Mayotte !
Nous demandons qu'il y ait sur place des personnes à qui nous puissions nous adresser si nous avons des questions à leur poser sur ce phénomène exceptionnel. Rappelons-le : on s'est rendu compte que ce volcan avait en quelques mois crû de 800 mètres sous l'eau. C'est énorme ! Les populations de Petite-Terre peuvent connaître des difficultés du jour au lendemain ; si une crise devait survenir, il faudrait du personnel sur place pour les aider à évacuer les zones dangereuses.
Source : senat.fr ↗
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