Permission de sortie des détenus les plus dangereux
Posée le 27/11/2025 • Ministère interrogé : Justice
Brigitte Bourguignon UC
Sénatrice — Pas-de-Calais
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 27/11/2025
M. le président. La parole est à M. le garde des sceaux, ministre de la justice.
M. Gérald Darmanin, garde des sceaux, ministre de la justice. Madame la sénatrice, je forme le voeu, et je le sais partagé ici au Sénat, que l'ensemble de la représentation nationale et, à travers elle, tous les Français mesurent le danger extrêmement important que représente le narcotrafic pour notre pays.
C'est un danger, je l'ai dit et je pèse mes mots, au moins égal à celui du terrorisme. Il tue tous les jours et dans le monde entier. Il touche tous les pays, y compris ceux qui ont parfois recours à l'armée pour lutter contre les narcotrafiquants. La première cause de mortalité aux États-Unis d'Amérique, malgré le volontarisme de M. Trump, est le fentanyl.
Nous avons su changer en 2015 : toute la classe politique a soutenu le gouvernement d'alors, lorsqu'il a décidé de répondre avec force à l'intégrisme religieux qui mène à l'islamisme radical, puis au terrorisme.
Mesdames, messieurs les sénateurs, nous devons changer de braquet. C'est ce que vous avez accompli, ici même, avec la loi sur le narcotrafic. C'est aussi ce que nous faisons pour lutter contre les narcotrafiquants - je pense notamment aux prisons de haute sécurité.
Je veux appliquer aux narcobandits les mêmes règles que celles qui s'appliquent aux condamnés pour terrorisme. Il est inconcevable qu'un individu condamné pour terrorisme puisse passer un entretien d'embauche trois ans avant son éventuelle sortie de prison et alors même qu'il se trouve soumis à un régime carcéral spécifique, parce que considéré comme particulièrement dangereux.
Cette dangerosité n'est pas décrétée par le ministre ; elle est appréciée par les juges d'instruction spécialisés, qui autorisent le placement en prison de haute sécurité, et par nos services de renseignement, qui établissent les profils.
Madame la sénatrice, dans votre département, la prison de Vendin-le-Vieil ou, plutôt, « du bassin minier », puisque j'ai promis au maire de cette commune de l'appeler autrement, a été construite en quelques mois : aucun drone ne la survole, aucune clé USB ni aucun téléphone n'y entre.
Je proposerai en janvier prochain la fin de ces possibles aménagements, qui paraissent en effet très décorrélés de la grande inquiétude qu'ont, à juste titre, les Français face au narcotrafic. J'espère que le Sénat en particulier et le Parlement en général me suivront. (Applaudissements sur les travées du groupe RDPI ainsi que sur des travées des groupes INDEP, UC et Les Républicains.)
Source : senat.fr ↗
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