Question écrite ✓ Répondue le 02/07/2026 #12#2#

Impact de la hausse de la tarification de la campagne été 2026 d'EDF pour les agriculteurs

Posée le 13/11/2025 • Ministère interrogé : Agriculture, agro-alimentaire et souveraineté alimentaire

Alain Duffourg

Alain Duffourg UC

Sénateur — Gers

La question

M. Alain Duffourg appelle l'attention de Mme la ministre de l'agriculture, de l'agro-alimentaire et de la souveraineté alimentaire sur la hausse des tarifs de l'électricité, en particulier en été en heures creuses, qui passe de 2,046 euros par kilowatt-heure (kWh) en 2025 à 6,123 euros/kWh hors taxes en 2026, soit un taux d'évolution de 200 %, ce qui a un impact considérable sur le coût de l'irrigation agricole. Deuxième département le plus agricole de France, le Gers connaît des difficultés multiples pour ses différentes filières (viticulture, grandes cultures, élevage), impactées par les aléas climatiques, les épizooties ou encore les surtaxes douanières à l'international sur les marchés les plus porteurs. À tout cela s'ajoute une nouvelle tarification d'EDF pour la campagne 2026, en particulier pour les contrats d'irrigation. Il apparaît que, selon la grille prévisionnelle, les heures creuses été seront plus chères désormais que les heures pleines. Le nouveau mécanisme qui fait suite à celui de l'accès régulé à l'électricité nucléaire historique (ARENH) entre en vigueur le 1er janvier 2026, avec une hausse prévue des prix de l'électricité. Pourtant, en ce qui concerne les agriculteurs, une telle hausse est disproportionnée et injuste. Pour les agriculteurs céréaliers du Sud-Ouest, alors que le prix du maïs est le plus bas depuis 15 ans, qu'il est passé de 340 euros la tonne en 2022 à 180 euros en 2025, cette nouvelle tarification équivaut à un salaire divisé par deux avec certaines charges augmentant de 200 %. Il lui demande les mesures qu'elle entend prendre pour remédier à cette situation insoutenable pour les agriculteurs.

✓ Réponse du gouvernement

Publiée le 02/07/2026

Le Gouvernement est pleinement conscient des difficultés que rencontrent certains exploitations agricoles, confrontées à une conjonction de contraintes climatiques, sanitaires et commerciales dans un contexte de faiblesse des cours, en particulier pour le maïs. L'évolution tarifaire signalée par monsieur le Sénateur doit toutefois être replacée dans le cadre d'une réforme structurelle et générale de l'organisation du marché de l'électricité, et non d'une décision particulière visant le secteur agricole. L'accès régulé à l'électricité nucléaire historique (ARENH), institué par la loi NOME du 7 décembre 2010 comme un dispositif temporaire, a pris fin au 31 décembre 2025 à une échéance arrêtée de longue date ; il a été remplacé, au 1er janvier 2026, par le versement nucléaire universel (VNU), qui redistribue à l'ensemble des consommateurs la rente du parc nucléaire historique au-delà de certains seuils de prix. Les prix de gros étant revenus à des niveaux proches de ceux d'avant la crise énergétique, de l'ordre de 57 euros/MWh, la facture moyenne des consommateurs professionnels est restée globalement stable entre 2025 et 2026, et le tarif réglementé de vente a même diminué au 1er février 2026 pour les professionnels. Le cas particulier mentionné dans la question correspond à un profil de consommation et à un type de contrat particuliers, dépendant notamment des dates et de la durée de contractualisation, et ne reflète donc pas la situation de l'ensemble des exploitations irrigantes. La spécifique des irrigants tient à leur profil de consommation, fortement concentré sur l'été et sur les heures creuses. Dorénavant, les plages méridiennes, qui coïncident avec le pic de production solaire, deviennent les plus avantageuses. C'est dans cette logique que la Commission de régulation de l'énergie a engagé, dans le cadre du TURPE 7, un repositionnement progressif des heures creuses vers la journée, entre 11 heures et 17 heures, afin de tirer parti de la production photovoltaïque estivale. Les exploitations en mesure d'adapter leur consommation à ces créneaux bénéficieront, dans les offres des fournisseurs, de conditions favorables sur les heures creuses d'été. Des fournisseurs alternatifs proposent d'ailleurs des offres à des prix très compétitifs pendant les heures dites super creuses.

Source : senat.fr ↗

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