Intervention des États-Unis au Venezuela
Posée le 08/01/2026 • Ministère interrogé : Premier ministre
Jean-Marc Vayssouze-Faure SER
Sénateur — Lot
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 08/01/2026
M. le président. La parole est à M. le ministre délégué chargé du commerce extérieur et de l'attractivité.
M. Nicolas Forissier, ministre délégué auprès du ministre de l'Europe et des affaires étrangères, chargé du commerce extérieur et de l'attractivité. Monsieur le sénateur, je tiens à vous rassurer : sur ce sujet, les réactions officielles ne divergent en rien.
La position du ministère des affaires étrangères n'est pas uniquement définie au Quai d'Orsay. Elle est forcément déterminée avec le Président de la République...
M. Hussein Bourgi. C'est un jeu de rôle, alors ?
M. Rachid Temal. Il faut assumer !
M. Nicolas Forissier, ministre délégué. Le Quai d'Orsay, qui s'est exprimé par la voix du ministre de l'Europe et des affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, s'est montré extrêmement clair. Il a rappelé que le droit doit primer la force ; que la France ne saurait accepter qu'une intervention extérieure contrevienne à la volonté et à la libre détermination du peuple vénézuélien.
Le Président de la République a simplement rappelé qu'il fallait maintenant se consacrer à la transition politique de ce pays ; qu'il fallait accompagner le peuple vénézuélien, précisément pour assurer sa libre détermination. Il a d'ailleurs souligné qu'un autre président avait été élu lors du dernier scrutin, en lieu et place de M. Maduro, dont la France n'a jamais reconnu l'élection...
Mme Audrey Linkenheld. Quel est le rapport ?
M. Rachid Temal. Oui, quel est le rapport ?
M. Nicolas Forissier, ministre délégué. Les choses sont donc claires. Je vous rassure, nous n'avons jamais cessé de défendre la primauté du droit. La France joue d'ailleurs un rôle moteur à cet égard.
À nos yeux, le multilatéralisme est nécessaire à l'équilibre du monde. C'est la position de la France, et nous poursuivrons dans ce sens. (Applaudissements sur des travées du groupe RDPI. - Protestations sur des travées du groupe SER.)
M. Mickaël Vallet. Il fallait le dire tout de suite !
M. le président. La parole est à M. Jean-Marc Vayssouze-Faure, pour la réplique.
M. Jean-Marc Vayssouze-Faure. Monsieur le ministre, j'entends vos propos, mais il faut regarder la vérité en face. La stratégie de Donald Trump est désormais limpide et assumée. Ce n'est en rien celle d'un libérateur. C'est, au contraire, celle d'un prédateur, d'un pilleur de ressources pétrolières.
La route est toute tracée : après le Venezuela pourrait bientôt venir le tour de Cuba, de la Colombie et du territoire européen du Groenland.
Face à ce risque, la voix de la France doit être forte, pour être écoutée ; maîtrisée, pour être crédible ; et fidèle à nos valeurs, pour préserver l'espoir des peuples qui aspirent à la liberté de disposer d'eux-mêmes.
Cette voix doit être celle de la France des Lumières, celle de la France du « non à l'intervention en Irak ».
Nous avons besoin d'une voix qui compte. La France doit rester un phare pour notre Europe ; il y va tout simplement de sa survie. (Applaudissements sur les travées du groupe SER, ainsi que sur des travées des groupes GEST, RDSE et CRCE-K.)
M. Rachid Temal. Bravo !
Source : senat.fr ↗
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