Devenir de la verrerie Arc France
Posée le 15/01/2026 • Ministère interrogé : Industrie
Amel Gacquerre UC
Sénatrice — Pas-de-Calais
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 15/01/2026
M. le président. La parole est à M. le ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique.
M. Roland Lescure, ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique. Monsieur le président, mesdames, messieurs les sénateurs, madame la sénatrice Gacquerre, la réponse est « oui », trois fois « oui », à chacune de vos questions. Je vais développer mes arguments rapidement.
Il s'agit d'une histoire extrêmement triste pour les salariés. Vous l'avez dit, ils sont plus de 3 000 à être frappés de plein fouet par cette décision.
C'est une histoire triste également pour le territoire. Vous le connaissez bien et je le connais bien aussi pour l'avoir visité à de nombreuses reprises dans le passé. C'est d'autant plus triste qu'il a déjà été frappé, vous l'avez dit, par des inondations, par des catastrophes climatiques, mais aussi par de véritables difficultés industrielles et économiques.
C'est enfin une histoire triste pour moi, parce que j'étais ministre de l'industrie quand la crise consécutive à la guerre en Ukraine a frappé le territoire. J'avais accompagné personnellement l'entreprise pour faire face à la hausse des coûts de l'énergie. J'avais également commencé à examiner les dossiers de reprise. Cette affaire a été ensuite suivie par mon successeur. Il y a à peine plus d'un an, un repreneur avait été trouvé, mais celui-ci vient de « lâcher la serviette », si je puis dire, voilà maintenant quelques jours.
Je le répète, c'est une histoire extrêmement triste à laquelle nous devons nous atteler.
J'ai demandé à mon ministre délégué chargé de l'industrie, Sébastien Martin, de se charger de ce dossier. Il a commencé en recevant, avec les élus locaux, comme vous le savez, un repreneur potentiel. Nous allons travailler, comme cela a toujours été le cas dans cette affaire, en étroite collaboration avec la mairie, l'intercommunalité, le département et la région pour trouver une solution pour l'entreprise.
Nous souhaitons aussi travailler sur le territoire. Vous l'avez rappelé, l'État est déjà intervenu dans la région de Béthune. Nous devons le faire aussi autour d'Arc France pour trouver des solutions de revitalisation industrielle.
Enfin, vous avez raison, il y a un véritable enjeu de concurrence internationale. Nous plaidons auprès de la Commission européenne pour que l'industrie du verre soit incluse dans ce que l'on appelle le MACF, le mécanisme d'ajustement carbone aux frontières, parce que la manière dont le verre est produit en France est beaucoup plus vertueuse qu'ailleurs, notamment qu'en Chine. Cela doit se retrouver dans les tarifs à l'importation du verre chinois.
Nous travaillons donc sur ces trois dimensions : l'entreprise ; la recherche d'un repreneur avec un plan d'affaires robuste, en collaboration avec les autorités locales du territoire et du département ; la concurrence internationale. (Applaudissements sur les travées du groupe RDPI.)
Source : senat.fr ↗
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