Question écrite ✓ Répondue #4#

Mention « Mort en déportation » pour les personnes décédées dans les camps d'internement de la zone libre

Posée le 15/01/2026 • Ministère interrogé : Armées et anciens combattants (MD)

Lauriane Josende

Lauriane Josende Les Républicains

Sénatrice — Pyrénées-Orientales

La question

Mme Lauriane Josende attire l'attention de Mme la ministre déléguée auprès de la ministre des armées et des anciens combattants sur les dispositions du code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de guerre relatives à l'attribution de la mention « Mort en déportation ». L'article L. 512-1 du code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de guerre prévoit que l'attribution de cette mention est subordonnée à un transfert vers une prison ou un camp relevant de l'article L. 342-1 du même code. Or cette dernière disposition ne vise pas les camps d'internement administrés par le régime de Vichy situés en zone dite libre, tels que notamment les camps de Rivesaltes, de Gurs ou de Noé. Pourtant, ces camps ont accueilli, dans des conditions sanitaires et humaines particulièrement dégradées, des dizaines de milliers de personnes, parmi lesquelles de nombreux internés juifs. Ces lieux d'internement ont constitué, dans de nombreux cas, l'antichambre de la déportation vers les camps nazis. Plusieurs personnes y sont décédées du fait des conditions d'internement, sans pouvoir aujourd'hui bénéficier de la reconnaissance attachée à la mention « Mort en déportation ». Cette exclusion est source d'une inégalité de traitement mémorielle entre des victimes de persécutions pourtant comparables dans leur nature et leurs conséquences, et soulève des interrogations quant à la cohérence du dispositif actuel au regard des objectifs de reconnaissance nationale poursuivis par le législateur. Dans ce contexte, elle lui demande si le Gouvernement envisage de modifier les dispositions du code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de guerre afin de permettre l'attribution de la mention « Mort en déportation » aux personnes décédées dans les camps d'internement français de la zone libre durant la Seconde Guerre mondiale.

✓ Réponse du gouvernement

L'existence de camps d'internement sur le territoire français au cours du second conflit mondial, de même que leur place dans la politique de déportation, est une réalité qui a longtemps été méconnue et dont la dimension mémorielle n'a été prise en compte que tardivement. C'est le cas pour le camp de Rivesaltes, dont le mémorial inauguré en 2015, retrace les différentes époques d'internement que sont la guerre d'Espagne, la Seconde Guerre mondiale et les guerres de décolonisation. 

Cependant, il n'est pas envisagé d'étendre aux personnes qui sont décédées dans ces structures par suite des conditions de vie qui y régnaient, la mention " Mort en déportation ". La mention demeure réservée à celles et ceux qui sont décédés dans les conditions prévues par l'article L. 342-1 du code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de guerre (CPMIVG). 

Cet article précise que le titre de déporté résistant est attribué à toute personne qui, pour acte qualifié de résistance à l'ennemi, a été: 

1° ou bien transférée par l'ennemi hors du territoire national, puis incarcérée ou internée dans une prison ou un camp de concentration ; 

2° ou bien incarcérée ou internée par l'ennemi dans les camps et prisons du Bas-Rhin, du Haut-Rhin et de la Moselle ; 

3° ou bien incarcérée ou internée par l'ennemi dans tout autre territoire exclusivement administré par lui, notamment en Indochine, et sous réserve que ladite incarcération ou ledit internement réponde aux conditions qui sont fixées par décret en Conseil d'État ; 

4° ou bien emmenée par l'ennemi dans un convoi de déportés, vers une prison ou un camp de concentration mentionnés aux 1°, 2°, 3°, puis, au cours de ce trajet, est décédée ou s'est évadée. 

De fait, les camps d'internement tels que les camps de Rivalstes, de Gurs ou de Noé, n'entrent pas dans les catégories citées par l'article L 342-1 du CPMIVG. 

Source : senat.fr ↗

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