Nuisances induites par le développement de l'aéroport de Paris-Charles de Gaulle
Posée le 22/01/2026 • Ministère interrogé : Transports
Ghislaine Senée GEST
Sénatrice — Yvelines
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 11/02/2026
M. le président. La parole est à Mme Ghislaine Senée, auteure de la question n° 893, adressée à M. le ministre des transports.
Mme Ghislaine Senée. Monsieur le ministre, l'été dernier, le groupe Aéroports de Paris (ADP) proposait à la concertation un nouveau projet de développement global de l'aéroport Paris-Charles de Gaulle, sobrement intitulé « T4 bis », cinq ans après l'heureux abandon du projet d'extension par un terminal 4. On y lisait que le groupe prévoyait une accélération de son trafic, avec une hausse de 19 % des mouvements d'ici 2050.
Alors que l'urgence climatique appelle à la sobriété, ces prévisions sont très inquiétantes, pour le climat mais également pour la santé des riverains, en raison notamment des nuisances directes liées au bruit.
À ce jour, deux mesures sont entre les mains du Gouvernement pour lutter efficacement contre ces nuisances.
Premièrement, et comme le prévoyait la réglementation européenne, une étude d'impact sur l'approche équilibrée a été réalisée, et publiée en décembre dernier. Celle-ci démontre que la mise en place de mesures de restriction d'exploitation est impérative pour respecter les exigences en matière de bruit fixées par la Commission européenne et par la région Île-de-France. Or, à ce jour, aucune restriction d'exploitation n'a encore été prise par votre Gouvernement.
Deuxièmement, la généralisation de la descente douce, qui permet, en zone de bruit, d'atténuer le nombre de riverains très fortement impactés, a été validée dès 2019 par la ministre des transports de l'époque. Or ce système n'a toujours pas été mis en place.
Aussi, alors qu'ADP compte accroître encore son trafic aérien, et au vu de l'impact sanitaire avéré sur les populations riveraines - 400 000 personnes sont ignorées des cartes de bruit stratégiques -, quelles mesures concrètes comptez-vous prendre et à quelle échéance ?
M. le président. La parole est à M. le ministre.
M. Vincent Jeanbrun, ministre de la ville et du logement. Madame la sénatrice Ghislaine Senée, le Gouvernement agit résolument pour protéger les riverains des aéroports, notamment de Paris-Charles-de-Gaulle, tout en favorisant un transport aérien durable et maîtrisé.
Un dispositif de limitation du bruit nocturne est en place depuis 2003, avec un plafonnement du nombre de créneaux horaires attribués durant le coeur de la nuit, entre minuit et cinq heures pour les décollages et entre minuit trente et cinq heures trente pour les atterrissages.
L'action de l'État s'articule autour de quatre piliers, selon le principe dit d'approche équilibrée prôné par l'Organisation de l'aviation civile internationale (OACI) et traduit dans le droit européen et national : la réduction du bruit à la source, la gestion de l'utilisation des terrains autour des aérodromes, les procédures opérationnelles de réduction du bruit et les restrictions d'exploitation, qui limitent l'accès à un aéroport ou en réduisent la capacité opérationnelle lorsque cela est nécessaire.
Pour ce qui concerne l'introduction possible de restrictions d'exploitation, la réglementation européenne impose qu'elles soient précédées d'une étude d'impact, menée sous l'égide du préfet de département.
Une telle étude a été conduite à Paris-Charles-de-Gaulle, sous l'autorité du préfet du Val-d'Oise, avec une consultation ayant recueilli 2 368 contributions. Ses conclusions, remises en début d'année à mes collègues Philippe Tabarot et Monique Barbut, permettront à ces derniers de rendre prochainement leur arbitrage sur la nécessité d'imposer ou non des restrictions d'exploitation.
Vous mentionnez également le travail important d'amélioration des conditions de survol, notamment pour réduire les nuisances sonores. La direction générale de l'aviation civile (DGAC) oeuvre actuellement au déploiement de telles procédures, qui permettent d'améliorer la performance environnementale globale du trafic aérien, sur d'autres aérodromes, dont celui de Paris-Charles-de-Gaulle, sans que les modalités pratiques puissent encore être précisées à ce jour.
Quoi qu'il en soit, pour être riverain d'Orly, je suis convaincu de l'intérêt de la descente continue, madame la sénatrice !
M. le président. La parole est à Mme Ghislaine Senée, pour la réplique.
Mme Ghislaine Senée. Je sais à quel point vous êtes vous-même concerné, monsieur le ministre.
Vous le savez, la mobilisation des élus locaux autour de Charles-de-Gaulle est très forte, notamment dans le Vexin et à Conflans-Sainte-Honorine. Ce sont quasiment 400 000 personnes qui sont aujourd'hui concernées.
Cette étude d'impact suscite beaucoup d'espoirs, et vos décisions sont très attendues. En particulier, le couvre-feu nocturne, dont vous bénéficiez à Orly, est vivement souhaité autour de Roissy-Charles-de-Gaulle.
Source : senat.fr ↗
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