Intelligence artificielle et suppressions d'emplois
Posée le 05/02/2026 • Ministère interrogé : Économie, finances, souveraineté industrielle, énergétique et numérique
Alexandre Basquin CRCE-K
Sénateur — Nord
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 05/02/2026
M. le président. La parole est à M. le ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique.
M. Roland Lescure, ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique. Monsieur le sénateur Basquin, vous le savez, le phénomène dit de destruction créatrice est vieux comme le capitalisme. Il accompagne toutes les innovations en augmentant la productivité et en créant de la richesse et de la prospérité, y compris, évidemment, pour les salariés, mais aussi en détruisant un certain nombre d'activités, ce qui, malheureusement, affecte en premier lieu les personnes qui les exercent. Ce phénomène a été observé lors de l'avènement du chemin de fer, de l'automobile et de l'électrification.
Il est vrai, je suis d'accord avec vous sur ce point, que la destruction créatrice est aujourd'hui à la fois amplifiée et accélérée, ce qui pose des enjeux très forts en termes de politiques publiques.
L'intelligence artificielle crée aujourd'hui beaucoup de richesses, y compris d'ailleurs de l'autre côté de l'Atlantique, et permet d'accroître la productivité et l'efficacité. Elle devrait également rendre plus efficaces les politiques publiques et la relation des administrations avec les usagers. Cela étant, l'IA crée aussi beaucoup de fragilités, et ce à tous les échelons, pas seulement chez les ouvriers qui, historiquement, étaient les premiers affectés par les destructions d'emplois, mais aussi chez les cadres et les employés. Cela pose un défi majeur.
Pour ma part, je ne voudrais pas que la France se trouve dans une situation où elle ne profiterait pas de la création tout en étant très affectée par la destruction. Notre pays se doit donc d'être un champion de l'intelligence artificielle. Il faut pour cela que nous investissions et que nous accompagnions les entreprises qui existent en France aujourd'hui et qui permettront de créer de la prospérité.
Il faut bien évidemment, en parallèle, accompagner ceux qui sont en première ligne et qui risquent d'être affectés par ce phénomène. Cela signifie qu'il faut réguler les plateformes, mais aussi, notamment, l'intelligence artificielle, afin de protéger à la fois les usagers - vous avez mentionné l'intelligence artificielle générative - et les salariés.
Enfin, il nous faut mettre le paquet, et mon collègue ministre du travail et moi-même le ferons évidemment, sur la formation et sur l'adaptation de la main-d'oeuvre à ces nouveaux défis.
Je suis convaincu, par exemple, que les seniors ont un rôle à jouer.
Mme Sophie Primas. Pas seulement ! Les jeunes aussi !
M. Roland Lescure, ministre. On a souvent tendance à les mettre de côté, mais ils ont beaucoup à apporter dans les entreprises face à une intelligence artificielle qui ne fait que reproduire de manière un peu bête et méchante le passé. Il faut que nous en ayons tous conscience. (Applaudissements sur les travées du groupe RDPI.)
Source : senat.fr ↗
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