Protection des maires victimes de diffamation
Posée le 05/02/2026 • Ministère interrogé : Justice
Yves Bleunven UC
Sénateur — Morbihan
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 05/02/2026
M. le président. La parole est à M. le garde des sceaux, ministre de la justice.
M. Gérald Darmanin, garde des sceaux, ministre de la justice. Monsieur le président, mesdames, messieurs les sénateurs, monsieur le sénateur, je commencerai, en tant que chef d'administration, par m'excuser auprès de ce maire, qui a connu un dysfonctionnement grave du service public de la justice. En effet, le président de séance et le greffier n'ont pas accompli les tâches qui permettaient de condamner cette personne en cas d'appel. Vous avez raison d'interpeller le responsable de gestion que je suis.
Vous avez encore raison, le ministère de la justice a été, et est encore, à la préhistoire numérique. Il y a sans doute un gouffre entre les discours publics et le fait que le service public de la justice soit souvent resté à la traîne, alors même que les avocats et les notaires utilisent de plus en plus l'intelligence artificielle.
Pour avoir conduit des réformes numériques très importantes, comme la mise en place de l'impôt à la source lorsque j'étais ministre de l'action et des comptes publics ou la dématérialisation du permis de conduire lorsque j'étais ministre de l'intérieur, j'ai pris la mesure des difficultés.
Je remercie le Premier ministre qui, pour la première fois, a sanctuarisé les crédits du ministère de la justice consacrés au numérique. Après un an, 160 des 166 tribunaux judiciaires connaissent la dématérialisation et la signature électronique. Cela n'excuse en rien ce qui s'est passé à Lorient, certes. Nous allons mettre en place dans les semaines et mois qui viennent des procédures qui empêcheront d'envoyer des documents aux justiciables, à leurs avocats ou en appel s'ils ne comportent pas de signature.
Pour la première fois, nous mettons également en place un dispositif d'intelligence artificielle qui signalera aux greffiers et aux juges qu'ils ne peuvent pas envoyer ou terminer tel ou tel dossier, par exemple, tant que les signatures n'ont pas été apposées là où il faut. Ce sont des vices de forme tout à fait inacceptables, comme une lettre recommandée qui n'aurait pas été envoyée à la Cour de cassation et qui casserait l'arrêt de la cour d'appel.
Je présente donc de nouveau mes excuses au maire concerné dans votre département. Nous changerons radicalement cela, monsieur le sénateur : d'ici au mois de juin, l'ensemble des tribunaux de France bénéficieront des dispositions que j'ai évoquées.
M. le président. La parole est à M. Yves Bleunven, pour la réplique.
M. Yves Bleunven. Merci, monsieur le ministre, pour cette prise en compte du problème. Alors que nous cherchons à redonner confiance à nos élus par des textes législatifs, faisons en sorte que l'application opérationnelle suive dans nos tribunaux. C'est en cours, j'en prends note, mais ce qui s'est passé est malheureux. (Applaudissements sur des travées du groupe UC.)
Source : senat.fr ↗
Autres questions de Yves Bleunven
Conséquences des nouvelles règles de la politique agricole commune sur les exploitations agricoles des territoires insulaires
Question orale sans débat • 25/06/2026
Conséquences du plafonnement du cumul emploi-retraite sur les services de transport public
Question orale sans débat • 25/06/2026
Situation du logement
Question au Gouvernement • 25/06/2026
Financements américains d'associations anti-élevage
Question au Gouvernement • 14/05/2026