Carte scolaire et suppressions de postes dans l'éducation nationale
Posée le 12/02/2026 • Ministère interrogé : Éducation nationale
Michelle Gréaume CRCE-K
Sénatrice — Nord
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 12/02/2026
M. le président. La parole est à M. le ministre de l'éducation nationale.
M. Edouard Geffray, ministre de l'éducation nationale. Madame la sénatrice Gréaume, je ne crois pas que l'on puisse masquer quoi que ce soit... Je crois même être le premier à avoir diffusé, y compris auprès de vos collègues, les graphiques qui montrent l'état de la démographie en France et sur lesquels nous sommes en première ligne pour les vingt prochaines années.
L'état de la démographie française est très simple : lorsqu'il passera le bac dans quinze ans, un élève qui est actuellement en petite section de maternelle le passera avec 25 % de candidats en moins. Nous aurons perdu 1 million d'élèves entre 2019 et 2029 dans le premier degré et ce sera la même chose dans le second degré, avec simplement quelques années d'écart. Aujourd'hui, personne ne peut objectivement nier cette chute démographique.
Le département du Nord, que vous connaissez bien, a perdu 33 700 élèves depuis 2017 dans le premier degré, tandis que 296 postes d'enseignants y ont été créés. À la rentrée prochaine, il comptera 6 000 élèves de moins avec 165 postes supprimés.
Dans le second degré - vous avez raison de le souligner -, la tension est plus forte, tout simplement parce que la baisse démographique se fait sentir plus tardivement. Nous allons perdre 40 000 élèves dans le second degré à la rentrée, essentiellement au collège.
Premier point : il va falloir collectivement s'habituer à cette réalité démographique.
Mme Audrey Linkenheld. Il y a une réalité sociale, aussi !
M. Edouard Geffray, ministre. J'en viens au deuxième point.
Vous dites qu'aucun effort n'est entrepris et que nous masquerions quelque chose, pour reprendre votre expression, derrière des éléments de langage.
Je tiens à préciser, tout d'abord, que je n'utilise pas d'éléments de langage, car je n'aime pas cela ; ensuite, nous ne masquons rien du tout puisque le budget de l'éducation nationale a augmenté de 30 % depuis 2017, soit la hausse la plus importante en trente ans.
Oui, nous continuons d'investir. La preuve en est que cette année le budget de l'éducation nationale est en hausse de 200 millions d'euros et que nous créons au total - je le rappelle - 5 900 postes. Mais à un moment donné, la réalité démographique nous rattrapera et il faut s'y préparer. (M. François Patriat applaudit.)
Source : senat.fr ↗
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