Situation de Cuba
Posée le 19/02/2026 • Ministère interrogé : Europe et affaires étrangères
Marianne Margaté CRCE-K
Sénatrice — Seine-et-Marne
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 19/02/2026
M. le président. La parole est à M. le ministre de l'Europe et des affaires étrangères.
M. Jean-Noël Barrot, ministre de l'Europe et des affaires étrangères. Madame la sénatrice Margaté, je vous remercie de votre question, qui me permet de rappeler ce que vous avez omis, c'est-à-dire ce que la France a d'ores et déjà fait pour Cuba, et ce depuis longtemps.
La France se tient en effet aux côtés du peuple cubain depuis des décennies, alors que celui-ci traverse actuellement une crise très profonde. Cette crise est provoquée, c'est vrai, par les sanctions extraterritoriales auxquelles la France et l'Union européenne s'opposent, car nous ne sommes pas les vassaux des États-Unis d'Amérique.
C'est ainsi que la France, chaque année, vote contre l'embargo aux Nations unies, comme le Premier ministre l'a rappelé ; c'est ainsi que la France a soutenu, dans le cadre du Club de Paris, la restructuration et le refinancement de la dette cubaine ; c'est ainsi que nous avons relancé une ligne de garantie export, permettant d'acheminer vers Cuba du blé et des équipements pour les centrales électriques, afin d'apporter un soutien à la fois alimentaire et énergétique ; c'est ainsi que, en 2021, après la catastrophe Mélissa, une aide humanitaire est parvenue à Cuba depuis la France.
Pour autant, cette crise profonde trouve aussi ses origines dans les décisions du gouvernement cubain lui-même. Les autorités françaises et européennes entretiennent avec ce dernier un dialogue franc, mais nous l'appelons à prendre des mesures d'ouverture démocratique et de respect des droits fondamentaux : protection des lanceurs d'alerte, des journalistes et des artistes ; établissement de l'indépendance de la justice ; garantie du droit à un procès équitable.
Il serait souhaitable que Cuba ratifie le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, adopté par l'ONU en 1966, ainsi que le protocole facultatif se rapportant à la Convention contre la torture, et envisage l'abolition de la peine de mort.
Oui, nous nous tenons aux côtés du peuple cubain ; mais oui, il est important que les autorités cubaines prennent les mesures d'ouverture démocratique qui contribueront, elles aussi, à alléger la crise pesant sur les épaules de leur peuple. (Applaudissements sur des travées du groupe RDPI.)
Source : senat.fr ↗
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