Violences politiques et réactions à la manifestation à Lyon le 21 février
Posée le 26/02/2026 • Ministère interrogé : Intérieur
Bernard Fialaire RDSE
Sénateur — Rhône
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 26/02/2026
M. le président. La parole est à M. le ministre.
M. Laurent Nunez, ministre de l'intérieur. Monsieur le sénateur, un fil relie les nombreux sujets auxquels vous avez fait allusion dans votre question, de la manifestation de samedi dernier jusqu'aux universités : ce trait d'union, c'est la violence des mouvances ultras. Je tiens à le dire ainsi dans cet hémicycle, devant l'ensemble des sénatrices et des sénateurs : la violence des ultras, d'où qu'elle vienne, car ni l'ultragauche ni l'ultradroite n'en ont l'exclusive. (Applaudissements sur des travées des groupes RDPI, RDSE et SER.)
Mme Marie-Arlette Carlotti. Très bien !
M. Laurent Nunez, ministre. On entend trop souvent les uns et les autres essayer de charger plutôt l'autre camp. Non ! Le ministre de l'intérieur que je suis, comme le Gouvernement tout entier, lutte contre toutes les mouvances ultras, car elles sont en dehors du cadre de la République, puisque leur seul mode d'expression est la violence.
À l'évidence, cette violence vient parfois prolonger une radicalité verbale qui s'exprime sur les bancs de l'Assemblée nationale, comme vous avez eu raison de le relever, mais aussi ailleurs. Ainsi, on décomptait hier soir vingt-deux permanences de La France insoumise dégradées au cours des nuits précédentes ; les meetings de certains responsables du Rassemblement national donnent lieu systématiquement à des contre-manifestations...
M. Mickaël Vallet. Ce n'est pas interdit, les contre-manifestations !
M. Laurent Nunez, ministre. ... tout comme, d'ailleurs, ceux de La France insoumise. Il y a là une forme de radicalisation qui ne peut qu'engendrer la violence.
Alors, que faisons-nous face à tout cela ? Avant tout, nous assurons la protection des personnes avec la présence des forces de l'ordre. J'ai donné aux préfets de la République l'instruction de sécuriser l'ensemble des rassemblements en question, y compris quand ils ont lieu dans les universités, puisque vous avez pointé ce cas particulier.
En l'occurrence, mon collègue Philippe Baptiste, chargé de l'enseignement supérieur, et moi-même avons adressé aux recteurs et aux préfets une instruction visant à bien encadrer les réunions qui peuvent se tenir dans les universités. Vous n'ignorez pas la liberté d'organisation qui prévaut en la matière : la tenue de ces réunions relève des présidents d'université. Néanmoins, les préfets et les recteurs disposent de prérogatives en matière de gestion des troubles à l'ordre public qui peuvent survenir. C'est pourquoi ils s'efforcent d'être présents et d'assurer un meilleur encadrement des réunions dont on peut penser, au vu de leur thématique, qu'elles peuvent donner lieu à des expressions favorisant la violence, voire à des faits d'apologie du terrorisme, auquel cas notre devoir sera non plus d'encadrer l'événement, mais de lui mettre un terme. (Applaudissements sur des travées du groupe RDPI. - M. Philippe Grosvalet applaudit également.)
M. le président. La parole est à M. Bernard Fialaire, pour la réplique.
M. Bernard Fialaire. Monsieur le ministre, je vous remercie de votre réponse. La défense de la République est un combat permanent : nous devons tous nous y atteler. (Applaudissements sur les travées du groupe RDSE, ainsi que sur des travées du groupe RDPI. - M. Marc Laménie applaudit également.)
Source : senat.fr ↗
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