Question écrite ✓ Répondue #30#

Situation des assistantes maternelles victimes d'impayés de salaires persistants

Posée le 23/04/2026 • Ministère interrogé : Travail et solidarités

Jérôme Darras

Jérôme Darras SER

Sénateur — Pas-de-Calais

La question

M. Jérôme Darras attire l'attention de M. le ministre du travail et des solidarités sur la situation des assistantes maternelles victimes d'impayés de salaires persistants. En effet, de nombreuses assistantes maternelles subissent des impayés des salaires malgré l'obtention de décisions favorables devant les conseils de prud'hommes. Les huissiers se trouvent souvent dans l'impossibilité d'exécuter les décisions de justice, les prestations familiales (en l'occurrence la prestation d'accueil du jeune enfant perçue par les parents employeurs) étant insaisissables, sauf en cas de fraude avérée ou de fausse déclaration de l'allocataire. Certaines avancées ont certes été réalisées ces dernières années pour sécuriser la rémunération des assistantes maternelles Ainsi, dans le cadre de la loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025 de financement de la sécurité sociale pour 2026, le dispositif Pajemploi+ a été généralisé et rendu obligatoire, ce mécanisme garantissant le paiement de deux mois d'impayés. Ceci demeure cependant largement insuffisant pour assurer une véritable garantie de salaire et les professionnelles confrontées à l'inexécution de décisions de justice peuvent ainsi se trouver dans une situation financière préoccupante. Face à la persistance de ces situations d'impayés, les organisations représentatives, syndicales et associatives suggèrent la création d'un fonds national de garantie des salaires, inspiré du modèle de l'Agence de recouvrement des pensions alimentaires (ARIPA). Aussi, il lui demande de bien vouloir lui indiquer sa position sur ce sujet.

✓ Réponse du gouvernement

Le Gouvernement a présenté en octobre 2023 un plan pour l'accueil individuel, basé sur les travaux menés par le comité de filière « Petite enfance » en lien étroit avec les représentants des associations et des syndicats concernés.

Ce plan comprend quatre axes :

- attirer les vocations ;

- prévenir les départs ;

- favoriser le développement des nouveaux modes d'exercice et mieux rémunérer ;

- valoriser les personnels.

Dans le cadre de ces travaux, plusieurs pistes pour lutter contre les impayés de salaire ont été étudiées. La solution retenue pour lutter contre ces impayés, qui constitue l'une des cinq mesures phares du plan, est la prolongation de la garantie des rémunérations versées via le service « Pajemploi+ ».

Ce service optionnel et gratuit permet au centre Pajemploi de l'union de recouvrement des cotisations de sécurité sociale et d'allocations familiales (Urssaf) de verser directement la rémunération sur le compte bancaire du salarié le lendemain de la déclaration sociale par l'employeur. Le dispositif Pajemploi prélève parallèlement sur le compte bancaire des parents-employeurs la somme restante à leur charge après déduction du montant du Complément de libre choix du mode de garde (CMG) dont ils bénéficient, réduisant leur démarche à une simple déclaration sociale chaque mois.

Depuis l'automne 2024, le service "Pajemploi+" permet ainsi de garantir deux mois de salaire en cas d'impayés de l'employeur, contre un mois auparavant.

Afin de sécuriser durablement les rémunérations, l'article 101 de la loi de financement de la sécurité sociale pour l'année 2026 prévoit de conditionner, à compter du 1er janvier 2027, le versement du CMG à l'adhésion des parents-employeurs à Pajemploi +, ce qui devrait également permettre de lutter contre les impayés.

En revanche, s'agissant de l'exécution des jugements rendus en faveur des assistantes maternelles, il convient de rappeler que l'exécution forcée des décisions de justice relève de l'autorité judiciaire et des voies d'exécution prévues par le code des procédures civiles d'exécution. Le Gouvernement ne peut se substituer aux juridictions ni aux professionnels habilités (huissiers de justice) pour contraindre un débiteur à s'acquitter d'une condamnation.

En outre, les prestations familiales étant par nature incessibles et insaisissables (article L. 553-4 du code de la sécurité sociale), l'imputation des impayés de salaires sur les prestations familiales serait donc juridiquement illégale. Ces aides, qui ont vocation à soutenir les familles, ne peuvent donc être saisies pour rembourser des impayés de salaires.

Source : senat.fr ↗

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