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Question au Gouvernement ✓ Répondue le 07/05/2026 #5#1#24#

Développement scientifique du CNES

Posée le 07/05/2026 · Ministère interrogé : Enseignement supérieur, recherche et espace

Jean-Raymond Hugonet Jean-Raymond HugonetLes Républicains Sénateur — Essonne

La question

M. le président. La parole est à M. Jean-Raymond Hugonet, pour le groupe Les Républicains. (Applaudissements sur les travées du groupe Les Républicains.) M. Jean-Raymond Hugonet. Monsieur le ministre, la France a longtemps occupé une place de tout premier rang dans le domaine spatial, grâce à une ambition nationale forte, portée notamment par le Centre national d'études spatiales (Cnes), créé par le général de Gaulle en 1961 et que vous connaissez parfaitement, pour l'avoir dirigé. Notre pays a su être pionnier dans l'observation de la Terre, la météorologie spatiale, l'étude du climat et de nombreux programmes scientifiques reconnus dans le monde entier. Pourtant, plusieurs signaux suscitent aujourd'hui une réelle inquiétude au sein de la communauté scientifique. L'abandon envisagé du programme C2OMODO, pourtant identifié comme prioritaire, en est l'illustration la plus préoccupante. Cette mission devait répondre à des besoins scientifiques précis qu'aucun programme européen actuel ne couvre pleinement, notamment l'observation fine des orages intenses et des phénomènes météorologiques extrêmes. Au-delà d'un simple arbitrage budgétaire, cette décision soulève une question stratégique : à force de renoncer à conduire ses propres programmes et de transférer l'essentiel de ses ambitions au niveau européen, la France prend le risque d'une dilution progressive de son expertise, de sa visibilité et de sa capacité d'initiative. Bien sûr, la coopération européenne est indispensable, et l'Agence spatiale européenne, ou European Space Agency (ESA), constitue un cadre majeur de réussite collective, mais coopérer ne doit pas signifier disparaître. Sans impulsion nationale forte, notre pays pourrait, demain, n'être plus qu'un contributeur financier parmi d'autres là où il fut longtemps un moteur scientifique et technologique. Dans un contexte de compétition mondiale accrue face aux États-Unis, à la Chine ou encore à l'Inde, un tel effacement serait lourd de conséquences. Qui, par exemple, a entendu parler de la participation du Cnes à la dernière mission Artemis, pourtant ô combien médiatisée ? Aussi, monsieur le ministre, même si j'ai bien conscience des impératifs budgétaires, quelles garanties le Gouvernement peut-il apporter quant au maintien d'une stratégie ambitieuse du Cnes, fondée sur des programmes nationaux visibles, innovants et souverains ? (Applaudissements sur les travées du groupe Les Républicains ainsi que sur des travées du groupe UC.)

✓ Réponse du gouvernement

Publiée le 07/05/2026

M. le président. La parole est à M. Philippe Baptiste, ministre de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'espace.

M. Philippe Baptiste, ministre de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'espace. Monsieur le sénateur Hugonet, je partage pleinement votre analyse : il est absolument indispensable d'articuler une stratégie nationale avec des investissements scientifiques, technologiques et industriels qui s'organisent autour de programmes nationaux, de programmes européens et de programmes internationaux de coopération.

Pour ce qui concerne spécifiquement le Cnes, le Centre a effectivement lancé une révision de ses activités. Celle-ci est bien normale : il est tout naturel et sain que l'organisme vérifie que les programmes qui sont aujourd'hui sur la table sont bien réalisables dans le contexte budgétaire contraint que nous connaissons.

Concernant le projet C2OMODO, que vous mentionnez, je tiens à rappeler qu'il s'agit d'une contribution instrumentale française à une mission assez large d'observation de la Terre menée par la Nasa, dénommée AOS (Atmosphere Observing System). Les deux instruments que nous allons mettre à disposition de ce projet mesurent de manière passive le rayonnement de la Terre, ce qui permet de comprendre les déplacements, en particulier verticaux, des grandes masses d'air, notamment des nuages, avec un impact extrêmement important sur la météo.

Le problème est que la Nasa a annulé de manière unilatérale le programme AOS, nous obligeant à le reconfigurer, ce que nous pouvons faire, en particulier, avec nos partenaires japonais.

C'est dans ce contexte que j'ai demandé au Cnes de mener une réflexion stratégique sur les programmes d'observation de la Terre, laquelle doit aboutir avant le sommet spatial, qui aura lieu en septembre prochain au Grand Palais.

Pour terminer, mesdames, messieurs les sénateurs, je veux affirmer mon attachement à la science, mais aussi aux activités technologiques et industrielles du Cnes et de tous les opérateurs spatiaux français. (M. Thani Mohamed Soilihi applaudit.)

M. Bruno Sido. Très bien !

Source : senat.fr ↗

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